L’actionnariat salarié continue à bien se porter en France
Faire le choix de l’actionnariat salarié, une opération gagnante. Pour la première fois, le cabinet Eres, spécialiste de l’épargne salariale, a mesuré la performance sur cinq ans des opérations initiées entre 2006 et 2010 par les entreprises du SBF 120. Soit 123 opérations – augmentations de capital ou cessions d’actions réservées aux salariés – réalisées par 42 entreprises. En tenant compte des dividendes touchés sur la période, les salariés ont engrangé un gain dans 60% des cas. Compte tenu de la décote accordée lors de la souscription (en moyenne de 17%), la proportion de gagnants monte à 72%. Si en outre, en prend en compte l’abondement (sur la base d’un taux moyen de 50% à 75%), ce sont 82% à 90% des opérations qui ont donné lieu à un gain pour les employés. «Si les salariés ont participé à plusieurs opérations, leur risque est quasiment nul», explique Jérôme Dedeyan, président d’Eres. D’autant que l’évolution boursière n’était pas favorable pour les investissements réalisés avant la crise de 2008.
Autrement dit, pour 100 euros investis, les salariés ont gagné en moyenne 78 euros sur cinq ans (y compris la décote et le dividende, mais sans abondement), voire de 158 euros à 195 euros (dans l’hypothèse d’un abondement de 50% à 75%). Toutefois, cette moyenne cache un écart type très important…
En 2015, 20% des entreprises du SBF 120 (35% du CAC 40 et 13% du Next 80) ont réalisé au moins une opération d’actionnariat salarié. Le montant moyen de ces 27 opérations a atteint 105,2 millions d’euros, bien au-dessus de la moyenne de 84,5 millions, pour un montant par salarié souscripteur de 6.060 euros (contre 5.350 euros en 2014 et 4.760 en 2013). En moyenne, 44% des bénéficiaires ont souscrit. Un chiffre élevé pour Eres, mais seule une entreprise sur deux publie ce taux.
L’année 2016 a débuté au même rythme que 2015 avec 18 opérations initiées entre janvier et fin juillet (9 dans le CAC 40 et 9 dans le Next 80). Voilà de quoi conforter la France dans son rôle de numéro un européen de l’actionnariat salarié démocratique, avec 37,2% des salariés actionnaires, contre 22,9% en Europe.
L’actionnariat salarié a encore de beaux jours devant lui. Aujourd’hui, seulement 4% des entreprises non cotées (de 20 à 1.000 salariés) ont mis en place un actionnariat salarié. Toutefois 80% des PME françaises sont favorables à ce dispositif, et 5% envisage de le mettre en place dans les trois ans, selon une étude OpinionWay de début d’année.
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