L’actionnaire majoritaire de Groupe Partouche se place en procédure de sauvegarde
Financière Partouche, holding du groupe de jeux contrôlée par la famille Partouche, entend bien rester maître à bord. Afin de mener à bien la renégociation de sa dette, elle a obtenu l’ouverture d’une procédure de sauvegarde auprès du tribunal de commerce de Valenciennes. C’est ce qu’a indiqué hier soir dans un communiquéGroupe Partouche, dont 66,45% du capital est entre les mains de Financière Partouche.
L’entité cotée Groupe Partouche souligne que Financière Partouche détient sur elle une créance de 31,3 millions d’euros comprenant une avance d’actionnaire subordonnée de 25,4 millions en principal et les intérêts qu’elle génère. Surtout, Groupe Partouche clame n’être «bien évidemment pas visé» par la procédure de sauvegarde, cette dernière n’ayant «pas d’incidence sur le bon déroulement de l’activité du groupe». Au titre de l’exercice clos le 31 octobre dernier, Groupe Partouche a concédé un repli de 2,9% de son chiffre d’affaires à 451,0 millions d’euros et une perte nette part du groupe de 17,1 millions, contre une perte de 7,0 millions pour l’exercice précédent.
Financière Partouche chercherait à se mettre à l’abri. Elle trouve grâce à la protection du tribunal un moyen de négocier avec ses créanciers à l’occasion d’une période d’observation de six mois, sous la houlette de l’administrateur judiciaire Gilbert Declercq. Le Figaro met en exergue les «renégociations classiques de taux d’intérêt» engagées concernant la dette d’une centaine de millions d’euros entre la holding et un pool bancaire comprenant Natixis et LCL. Las, Financière Partouche aurait découvert en début d’année que le fonds anglo-saxon Oaktree Capital avait mis la main sur un bon tiers de la dette auprès de certaines banques. Le scénario d’une conversion contrainte de dette en capital aurait fortement incité Financière Partouche à brandir le joker de la sauvegarde, Oaktree étant coutumier de la manœuvre pour «prendre le contrôle de ses cibles». La renégociation avec les créanciers, privés désormais de tout remboursement immédiat, devenait en effet «dangereuse» aux yeux de la famille Partouche.
Le groupe se donne du temps pour parvenir à un accord avec les créanciers, Oaktree étant en position de force. Faute d’accord nécessitant en effet la signature de créanciers représentant deux tiers de la dette au cours des six prochains mois, il reviendra au tribunal de commerce de Valenciennes de trancher.
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