L’action L’Oréal bénéficie de l’hypothèse de rachat des parts de Nestlé
A quelques semaines de l’expiration du pacte d’actionnaires entre Nestlé et la famille Bettencourt, qui prendra fin le 29 avril, les rumeurs s’accélèrent sur la reprise de la participation de Nestlé de 29,3% dans L’Oréal par le groupe de cosmétiques. Selon Bloomberg, le groupe suisse étudie actuellement les voies d’une réduction de sa participation et en aurait informé L’Oréal. Une nouvelle qui a fait grimper le titre de 4,5% à 128,85 euros hier. Pour l’heure, les deux groupes en auraient discuté avec leurs banquiers, mais aucune décision n’a été prise sur le calendrier du désengagement.
Les observateurs ne sont pas tous convaincus par cette opération. Les courtiers Citi et Jefferies misaient sur un statu quo, même si ce dernier concède que les rumeurs de cession sont de plus en plus insistantes. Nestlé perdrait une importante manne de revenu, cette participation lui ayant apporté un rendement annuel moyen de 15% par an. En revanche, ce scénario de rachat par L’Oréal semble le plus probable pour Exane BNP Paribas.
Cette participation était valorisée hier soir 22,7 milliards d’euros. L’Oréal pourrait financer cette acquisition, moitié en dette, et moitié en cash, grâce à ses 2,2 milliards d’euros d’excédent de trésorerie nette fin 2013, et grâce à sa participation de 8,91% dans Sanofi, valorisée actuellement 8,5 milliards d’euros. L’annulation des titres acquis permettrait une relution de 17% sur le bénéfice par action - et encore de 14% si l’action L’Oréal traitait à 160 euros, estime Exane BNP Paribas. La famille Bettencourt, qui détient 30,5% du capital serait fortement reluée et devrait obtenir de l’AMF une dérogation à l’obligation de déposer une OPA.
En attendant, les deux intéressés se sont refusés à tout commentaire, mais pourraient préciser leurs intentions lors de la présentation de leurs résultats, ce matin pour L’Oréal et jeudi pour Nestlé. Hier soir, L’Oréal a dévoilé une accélération de la croissance de ses ventes au quatrième trimestre (+5,4% en comparables), contre +5% sur l’ensemble de l’exercice à 23 milliards d’euros, tirée par le luxe (+8,4% au quatrième trimestre contre +6,8% sur 2013), tandis que la division grand public souffre de plus en plus (+3,7% au quatrième trimestre contre +4,9% sur l’année). Le résultat d’exploitation progresse de 4,8% à 3,9 milliards, soit une marge record de 16,9% (+0,4 point).
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