L’accord final sur la Saur n’a jamais été aussi proche
L’épilogue du dossier de la Saur n’est plus très loin. Hier, Séché Environnement, deuxième actionnaire de Hime, la holding de contrôle du numéro trois français de l’eau, s’est rangée derrière le projet de restructuration de la dette présenté par les banques. Le groupe a vendu ses actions et ses obligations convertibles au consortium bancaire pour un euro symbolique. Séché était entré au capital de Hime en 2007 en espérant ajouter à ses activités dans les déchets un nouveau métier dans l’eau, et se positionner en concurrent de Veolia et Suez. Trop tendu, le LBO n’a pas tenu. Au total, la perte en capital s’élève à 250 millions d’euros pour Séché. Elle a été provisionnée.
Le renoncement de Séché, qui détenait 33% de Hime, ouvre la voie à un accord final, six mois après l’ouverture de la procédure de conciliation. Le projet du consortium bancaire, mené par BNP Paribas et Natixis, est soutenu par la direction de la Saur et par la quasi-totalité des autres créanciers seniors, même si le Crédit Agricole d’Ile-de-France se fait tirer l’oreille. Depuis la semaine dernière, le projet est également approuvé par le Fonds stratégique d’investissement (38% du capital). Axa PE (17%) n’a jamais voulu peser dans ce dossier et se rangera derrière la conciliation.
Reste à obtenir l’accord du dernier actionnaire, Cube Infrastructure. Le fonds détient 12% du capital et a proposé, durant le processus, son propre projet de restructuration de la dette de Hime. En vain. Après plusieurs semaines de discussions, parfois houleuses, voire de pressions, «le fonds pourrait se ranger derrière l’accord dans les prochaines heures», confie une source proche du dossier. Selon une autre source, le fonds pourrait avoir acheté sur le marché secondaire une partie de la dette de Hime afin de s’inviter dans le projet des banques et se placer comme un repreneur potentiel de la Saur d’ici cinq ans.
L’accord prévoit d’annuler la moitié de la dette senior pour la ramener à 900 millions d’euros. 150 millions supplémentaires pourraient être abandonnés à l'échéance 2019 si le groupe est en difficulté. La dette résiduelle représenterait alors trois fois l’Ebitda du groupe. Le montant des intérêts annuels est plafonné à 30 millions d’euros, trois fois moins que ce que devrait payer la société. Les banques prévoient également d’ajouter 200 millions d’euros au bilan via de la dette subordonnée. Au total, les actionnaires auront perdu 765 millions d’euros.
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