L’accélération des défaillances est particulièrement nette dans les PME
Les mois d’été n’ont occasionné aucun répit sur le front des défaillances en France. Après la hausse de 2,1% enregistrée au premier semestre, leur nombre a progressé de 3,8% à fin août pour atteindre 62.053 entreprises en données cumulées sur 12 mois, montrent les derniers chiffres d’Euler Hermes. Si les redressements judiciaires reculent de 1,6% sur cette période, les liquidations et les procédures de sauvegarde augmentent de respectivement 6,2% et 4,9%. Sur les huit premiers mois de l’année, la hausse des défaillances s’élève à 2,5% d’un an sur l’autre, avec 39.661 nouveaux cas enregistrés.
Cette montée des défaillances «s’est largement diffusée dans le tissu économique national, l’accélération étant particulièrement nette dans les PME -TPE», relève Ludovic Subran, chef économiste d’Euler Hermes. En données cumulées sur douze mois, elles progressent de 8 à 9% pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 1 million d’euros, et d’environ 14% pour celles dont le chiffre d’affaires est compris entre 2 et 5 millions. La distribution, le commerce automobile, les services aux particuliers et aux entreprises, ainsi que l’hôtellerie-restauration atteignent des niveaux historiquement élevés, les activités de transport et d’entreposage étant les seules à évoluer à contre-courant en baissant de 2,9%.
Sur l’ensemble de l’année, l’assureur-crédit maintient sa prévision d’une hausse de 2% des défaillances qui devraient concerner 62.280 entreprises. Malgré une légère inflexion attendue en 2014 (-1% avec 61.800 nouveaux cas), cette sinistralité toujours importante «devrait avoir un effet négatif sur la croissance équivalent à 0,22 point de PIB, après un impact négatif de 0,26 point attendu en 2013». Elle occasionnerait l’an prochain la destruction brute d’environ 165.000 emplois et correspondrait à 4,7 milliards d’euros d’encours fournisseurs.
Selon Euler Hermes, un véritable reflux des défaillances ne pourrait avoir lieu qu’avec une hausse du PIB d’au minimum 1% en France, contre un palier de croissance de 0,5% en Allemagne où les entreprises sont moins sensibles au cycle économique. La progression de 0,6% du PIB prévue par l’assureur-crédit l’an prochain dans son scénario central, - qui pourrait atteindre 0,8% si l’investissement des entreprises augmente de 1% (contre +0,4% dans le scénario central) -, restera donc dans tous les cas insuffisante pour inverser la tendance dans l’Hexagone.
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