La volatilité incite Glencore à devenir plus agressif dans ses acquisitions

Le groupe dispose de 10,4 milliards de dollars de liquidités et son endettement net a diminué de moitié en six mois
Olivier Pinaud

La volatilité des marchés ces dernières semaines, la baisse des cours des principales matières premières, et la chute de 18% de l’action du groupe depuis un mois, de 24% depuis sa mise en Bourse en fin mai, ne semblent pas inquiéter Ivan Glasenberg, le directeur général de Glencore: «A-t-on touché un plus bas? Je ne sais pas. En revanche, c’est clairement un meilleur moment pour procéder à des acquisitions».

Il faut dire que le premier courtier mondial en matières premières est assis sur 10,4 milliards de dollars de liquidités et que son endettement net (8,3 milliards de dollars) ne représente à fin juin que 22% de ses fonds propres contre 43% fin 2010. Au premier semestre 2011, le groupe a généré 2,4 milliards de dollars de cash flow opérationnel, 37% de plus qu’un an auparavant. «Nous sommes une société opportuniste et nous avons aujourd’hui une solidité financière qui nous permet de regarder des actifs de façon plus agressive», a ajouté Ivan Glasenberg.

Glencore a par exemple déjà annoncé vouloir investir 280 millions de dollars pour monter à 100% au capital du deuxième producteur australien de nickel, Minara, dont il détient déjà 73,44%. D’autres opérations de ce type devraient être conclues dans les prochains mois, alors que le groupe gère un portefeuille de plusieurs dizaines de participations dans des mines à travers le monde. Glencore ne se lancera pas pour autant dans une course effrénée à la croissance. Ivan Glasenberg a rappelé qu’il tient à la réputation du groupe auprès des agences de notation. Sa dette à long terme bénéficie d’une note BBB chez S&P et Baa2 chez Moody’s avec, dans les deux cas, une perspective stable.

Si l’appétit affirmé de Glencore pour des acquisitions n’effraie pas les analystes, la stratégie est connue depuis l’introduction en Bourse, le marché s’inquiète plus des soubresauts des cours des matières premières. Plus courtier que producteur, le groupe est parfois comparé à une banque d’investissement. Avec les risques que cela comporte en période de forte volatilité. Au premier semestre, le résultat opérationnel de Glencore dans le courtage a progressé de 45% d’une année sur l’autre. Mais il a baissé de 15% entre les deuxième et premier trimestres, notamment en raison d’une baisse de 37% dans le trading de pétrole.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...