La volatilité des matières premières ébranle les visées expansionnistes chinoises

Faute de garanties de financement, le chinois Hanlong ne peut concrétiser son offre de 910 millions d’euros sur l’australien Sundance Resources
Benoît Menou

Il pourrait ne s’agir encore que d’une série d’incidents qui ne sauraient mettre en doute la volonté et la capacité de la Chine à maîtriser toujours davantage ses réseaux d’approvisionnement en matières premières. Il n’empêche, l’échec du rachat de l’australien Sundance Resources par le chinois Sichuan Hanlong Group, avec à la clé la mise en péril d’un projet majeur dans le minerai de fer en Afrique, met en lumière la frilosité des investisseurs dans un contexte de forte volatilité des cours après des années d’euphorie.

Lundi soir, Sundance a indiqué que l’accord visant à son rachat était rompu faute de garanties de financement apportées par le prétendant dans les délais fixés. Hanlong (qui détient aujourd’hui 14% du capital) a exprimé son intérêt pour la première fois il y a près de deux ans, à l’été 2011, et sa dernière offre valorisait la jeune cible à 1,14 milliard de dollars australiens, l’équivalent de 910 millions d’euros. Les doutes sur la réussite de l’offre avaient déjà érodé le cours de Sundance (sur fond qui plus est de rumeurs d’emprisonnement du président de Hanlong pour assistance à son frère accusé de meurtres), qui a chuté hier à Sydney de 48% pour une capitalisation de 338 millions.

Ces derniers mois déjà, plusieurs projets menés par des prétendants chinois ont échoué : celui du rachat d’African Barrick Gold par China National Gold dans l’or, de Discover Metals par Cathay Fortune dans le cuivre ou de SouthGobi Resources par Chalco dans le charbon. Et même si Sundance a clamé être en discussions avec d’autres partenaires potentiels, sans les nommer, la concrétisation de son projet stratégique est incertaine. Celui-ci porte sur 3,6 milliards d’euros dans le minerai de fer entre République du Congo et Cameroun.

La volatilité des cours des matières premières, l’incertitude politique et réglementaire ainsi que le manque d’infrastructures ont de quoi décourager les vocations, même à Pékin, les autorités chinoises s’étant montrées réticentes à soutenir Hanlong. La Chine est pourtant le plus important importateur mondial de minerai de fer, vital pour sa production d’acier.

Le pays cherche certes à diversifier ses sources d’approvisionnement (en dehors avant tout de l’Australie et du Brésil), mais le ralentissement assumé de la croissance économique chinoise pèse sur la demande du pays, faisant craindre une situation de surcapacité mondiale. L’heure n’est donc visiblement pas à l’expansion à tout prix à travers le monde des matières premières.

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