La valorisation des PME non cotées résiste contre toute attente
Malgré l’accumulation de mauvaises nouvelles macroéconomiques, les valorisations des PME non cotées européennes résistent bien mieux que prévu. Dévoilé mercredi, l’Argos Index, qui recense les transactions en Europe sur les entreprises d’une valeur de 15 à 500 millions d’euros, est resté stable pour les opérations de M&A annoncées entre juillet et septembre par rapport au deuxième trimestre 2022, faisant ressortir un multiple (valeur d’entreprise/Ebitda) de 10 fois.
Cette stabilité est constatée dans les valorisations offertes à la fois par les acquéreurs stratégiques (9,9 fois) et les fonds d’investissement (10,7 fois). « Il peut y avoir un effet retard du durcissement des conditions bancaires que l’on observe depuis septembre-octobre sur le midmarket, prévient Louis Godron, président d’Argos Wityu qui publie ce baromètre avec Epsilon Research. La hausse des taux longs et, en conséquence, la baisse de la valeur des portefeuilles obligataires, ont un impact sur le bilan des banques qui font plus attention. » Si le maintien de ce niveau de valorisation peut s’expliquer par l’abondance de liquidités à déployer par les fonds de LBO (leveraged buyout) et l’appétit des fonds de dette, la baisse attendue des valorisations pourrait néanmoins intervenir au quatrième trimestre dans l’indice Argos.
Ralentissement dû aux process bancaires qui patinent
Les volumes d’opérations ont en revanche enregistré une baisse de 11% sur la période. Mais le midmarket européen voit son activité résister bien mieux que le marché global du M&A dont le repli est compris entre 30% et 50% selon les zones géographiques depuis le début de l’année, pénalisé par l’effondrement des grandes transactions. Pour autant, le rebond sur le midmarket n’est pas attendu à court terme. « Nous percevons un ralentissement des process M&A car les process bancaires ont eux-mêmes ralenti. Donc le recul des volumes devrait continuer au quatrième trimestre », anticipe Louis Godron.
Les écarts de valorisation se sont également resserrés dans l’ensemble. La part des multiples supérieurs à 15 fois est revenue à son niveau pré-Covid, après une envolée entre le second semestre 2020 et fin 2021. Ils représentent désormais 12% des opérations recensées par l’indice tandis que les deals au-delà de 20 fois l’Ebitda ne pèsent plus que 5% de l’échantillon, contre jusqu’à 10% au troisième trimestre 2021. Le durcissement des conditions bancaires implique en effet un levier financier plus faible et donc des valorisations plus mesurées.
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