La valorisation des PME non cotées repart à la hausse
Après un second semestre 2021 de repli, la valorisation des PME sur le mid-market européen (15 à 500 millions d’euros d’Ebitda) est reparti à la hausse au premier trimestre, selon le nouvel indice Argos mid-market, dévoilé mercredi. Le multiple (valeur d’entreprise/Ebitda) médian sur six mois glissants s’établit, à fin mars, à 10,6 fois, contre 10 fois trois mois plus tôt. «C’est une mesure sur six mois glissants qui prend en compte les transactions du quatrième trimestre 2021 et du premier trimestre 2022. L’impact de la guerre en Ukraine n’est donc pas encore très intégré dans ces chiffres», précise Louis Godron, managing partner d’Argos Wityu, qui réalise ce baromètre en partenariat avec Epsilon Research.
Les multiples payés par les fonds d’investissement tirent cette fois l’indice. Ils s’établissent à 10,8 fois sur le trimestre, contre 10 fois dans l’édition précédente. Ils sont de 10 fois pour les acquéreurs stratégiques, un chiffre quasi stable. «Ce multiple est également tiré par les ‘deals’ du segment ‘uppermid’, de plus de 150 millions d’euros d’Ebitda», ajoute Louis Godron.
La tech et la santé ont souffert
L’étude reflète par ailleurs une réduction de l’écart-type de l’indice. Les opérations valorisant la cible plus de 15 fois l’Ebitda représentent 15% de l’échantillon (dont 3% à plus de 20 fois), contre 24% à 26% lors des trois trimestres précédents. Cela s’explique par une moindre polarisation du marché sur certains secteurs en vogue, comme la tech ou la santé, dont les valorisations ont souffert ces derniers mois. «Il y avait auparavant une différence observée d’environ quatre tours d’Ebitda entre la tech, la santé et les autres secteurs. Cet écart s’est réduit à un tour d’Ebitda», indique Louis Godron.
Au premier trimestre, l’activité M&A en Europe a progressé de 12% en volume et de 3% en valeur, après une baisse au quatrième trimestre 2021, grâce notamment au dynamisme du segment lower mid-market (moins de 150 millions d’euros d’Ebitda). En revanche, à partir du déclenchement de la guerre en Ukraine, le marché a décroché de 25% en volume et de 37% en valeur. «Il y a eu un gros coup de frein sur les entreprises frappées par les impacts de la guerre, comme les difficultés d’approvisionnement et l’inflation des matières premières», observe le patron d’Argos Wityu. Si les volumes d’opérations ont chuté depuis le début du conflit, l’effet sur les prix est pour l’instant peu significatif.
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