La valorisation de Glencore recèle encore bien des mystères
Voilà une recette qui nécessite l’assemblage de multiples ingrédients. Il s’agit de parvenir à la juste valorisation du géant du négoce de matières premières Glencore, qui a lancé mi-avril sa procédure d’introduction en Bourse. La cotation est attendue à Londres et Hong Kong le mois prochain. Pour l’heure les rapports de précotation concoctés par les neuf banques participant à l’opération, Citigroup, Morgan Stanley et Credit Suisse en tête, valorisent le groupe suisse de 52 à 69 milliards de dollars.
En l’occurrence, Glencore pourrait ainsi placer sur le marché une part de 15 à 20% de son capital en récoltant 9 à 12 milliards de dollars, dont jusqu’à 9 milliards de dollars de titres nouveaux.
Un sondage de Reuters auprès d’investisseurs potentiels met pourtant en lumière leur souhait d’appliquer à la valorisation de Glencore sur des critères financiers une décote de 20% du fait d’inquiétudes liées à la gouvernance d’entreprise d’un groupe jusqu'à présent secret. L’appel à un rabais est d’autant plus fort que la part réduite du flottant pourrait laisser les nouveaux venus sans influence forte sur les décisions stratégiques. Ou que l’IPO, qui intervient à un pic dans le prix des matières premières, pourrait constituer une porte de sortie pour des dirigeants qui sont parvenus à monétiser leur participation. Même si ces derniers mettent en avant des engagements de conservation pendant cinq ans.
De plus, les investisseurs estiment pouvoir attendre d’investir sur le marché secondaire à un moindre prix une fois l’euphorie de l’IPO passée. Autre élément de modération, ils ont confié leur préférence pour des acteurs plus spécialisés, en référence à la présence de Glencore dans le secteur minier, en premier lieu au travers d’une part d’un tiers du capital de Xstrata.
La moitié des investisseurs sollicités par Reuters situent une juste valorisation des titres Glencore au niveau des multiples de 7 à 9 fois les bénéfices attendus affichés par les géants miniers comme Rio Tinto ou BHP Billiton. Ce qui correspond à une valorisation du groupe inférieure à 61 milliards de dollars. Les banques de l’IPO promettent certes monts et merveilles quant à la rentabilité à venir du groupe. Barclays Capital notamment estime que le résultat net pourrait passer de 3,8 milliards de dollars l’an dernier à 8,9 milliards en 2012.
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