La valorisation d’Areva prend des airs de casse-tête
Trouver le bon prix. Tel est le casse-tête auquel se livrent depuis quelques semaines les banquiers chargés du dossier de l’augmentation de capital d’Areva. Un calcul crucial duquel dépend le montant que pourra lever le groupe de nucléaire pour financer son plan d’investissement à trois ans. Pour des raisons stratégiques, l’Etat a en effet limité à 15% la part du capital qu’il est prêt à ouvrir à des intérêts privés, français ou étrangers.
Initialement, lors de l’élaboration de son plan de financement à l’été 2009, Areva espérait lever jusqu’à 3 milliards d’euros ce qui induisait une valeur totale de 20 milliards. Aujourd’hui, ce niveau est impensable. Après avoir eu accès au dossier, le Qatar Investment Authority, le fonds souverain de l’émirat, était prêt à entrer au tour de table mais sur une base de 8 milliards d’euros. Inacceptable, selon l’Etat et le groupe de nucléaire. Areva «avait été évalué à 12,2 milliards d’euros à sa création en 2001», rappellent les analystes crédit de Natixis. D’autant que fixer un prix trop faible enverrait un mauvais signal. EDF, voire Alstom, toujours à l’affût pour monter au capital, pourraient exiger le même traitement de faveur.
La réalité se situe néanmoins plus près des 8 milliards que des 20 milliards. Dans ses comptes, EDF, qui détient déjà 2,42% d’Areva, valorisait ainsi sa participation au prix du certificat d’investissement (CI), coté en Bourse, soit 293 millions d’euros au 30 juin. Ce qui portait alors à un peu plus de 12,1 milliards d’euros la valeur de la totalité du capital. Depuis, le CI a perdu 5,8%, ramenant la valeur d’Areva à 11,5 milliards d’euros, soit environ autant que le montant de chiffre d’affaires prévu pour 2012. A ce prix théorique, Areva, en plaçant 15% de son capital entre de nouvelles mains, pourrait toutefois encaisser 1,72 milliard d’euros. Toujours intéressé, le fonds du Koweit pourrait apporter 500 millions d’euros pour 5%, soit une valorisation induite de 10 milliards, inférieure à la valeur actuelle sur le marché alors même que des opérateurs ont longtemps jugé que le recours aux certificats minorait la valeur du groupe.
L’Etat, qui détient déjà directement 8,4% du capital d’Areva, se dit éventuellement prêt à accroître sa participation via l’agence des participations de l’Etat (APE) mais à condition qu’un premier accord avec les investisseurs soit conclu et dans des proportions moindres.
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