La trésorerie de Capgemini a fondu comme neige au soleil au premier semestre
Capgemini a déboussolé les investisseurs hier, le titre de la société de services informatiques accusant une chute de 8,93% en clôture à 35,3 euros. La faute à une dégringolade de 640 millions d’euros de la trésorerie nette au premier semestre. Elle s’affichait à 169 millions au 30 juin. La société a expliqué cette baisse par une augmentation du besoin en fond de roulement liée à l’augmentation du chiffre d’affaires et, surtout, à hauteur de 470 millions d’euros, par la réalisation de plusieurs acquisitions. Capgemini aurait enfin remis à jour les compteurs avec ses fournisseurs. «Notre cash était probablement artificiellement haut», a reconnu son directeur général Paul Hermelin.
La société vise désormais une trésorerie supérieure à 250 millions fin 2011, loin des prévisions des analystes.
Capgemini ne songeait pas à tenir ainsi le rôle de la cigale inconsidérément dépensière, Paul Hermelin soulignant que la «stratégie d’acquisitions très ciblée… renforce le groupe tant à court terme qu’à moyen terme». Si, dans son communiqué, la société avançait que «d’autres acquisitions vont être réalisées dans les semaines ou les mois qui viennent, notamment celle déjà annoncée de la société Prosodie», Paul Hermelin a dans la foulée tenu à nuancer ce propos, tant en termes de calendrier que de taille d’opérations. «Aujourd’hui, nous ne travaillons pas sur des acquisitions de moyenne ou grande taille», a indiqué le dirigeant, qui a précisé que «ce serait plutôt l’année prochaine d’après le calendrier prévisible».
Ce tassement de la trésorerie a relégué au second plan la forte croissance de l’activité sur le semestre écoulé. A 4,21 milliards d’euros, le chiffre d’affaires a progressé de 12,9% en données brutes (dont 4,8 points liés à l’intégration de CPM Braxis) et de 7,4% en organique (8,4% au deuxième trimestre). CM-CIC Securities juge que les prises de commandes (5,2 milliards sur le semestre) «sont également bien orientées», représentant 1,18 fois le chiffre d’affaires dans les métiers les plus cycliques. La marge opérationnelle a progressé de 0,3 point à 6,1%.
Faisant état d’«incertitudes macroéconomiques qui subsistent encore aujourd’hui dans la plupart des pays» et d’effets de change défavorables, Capgemini a prudemment confirmé ses objectifs annuels d’une hausse de 9 à 10% du chiffre d’affaires, dont 5% au moins en organique, et de 0,5 à 1,0 point de la marge opérationnelle.
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