La tension monte pour la privatisation des aéroports de Nice et Lyon
C’est jour de grande affluence à l’Agence des participations de l’Etat. Les nombreux candidats à la privatisation des aéroports de Nice et de Lyon ont jusqu’à 12 heures pour déposer leurs offres fermes. Mi-mai, une quinzaine de consortiums avait présenté des propositions indicatives. Depuis, « le Brexit n’a pas changé la donne. Au contraire, en promettant de nouvelles baisses de taux de banques centrales, il a renforcé la pression à la baisse sur les taux et donc rendu ces deux actifs encore plus désirables pour les investisseurs », estime un banquier.
Même si une surprise ne peut être exclue au vu de la multitude de candidats, trois consortiums font figure de favoris pour Nice. Vinci fait équipe avec CDC et Predica. Si le groupe de concessions a fait de l’aéroportuaire l’une de ses priorités, il n’exploite encore aucun aéroport d’envergure en France. Il avait échoué dans le processus de vente de Toulouse. Autre consortium jugé solide, celui constitué autour d’Ardian, avec Siparex, les Caisses d'épargne et JCDecaux. Enfin, Allianz et son associé Global Infrastructure Partners seraient également bien placés. En revanche, selon une rumeur, Zurich Airport aurait perdu le soutien du fonds canadien CPPIB. Enfin, si l’opérateur turc Limak a fait l’offre indicative la mieux disante à hauteur de 1,6 milliard d’euros, il pourrait servir de lièvre. Sa surface financière suscite des interrogations, sans parler des oppositions politiques locales.
Le paysage est relativement similaire pour Lyon, où l’on retrouve les consortiums de Vinci et d’Ardian. « Le gouvernement ne donnera pas les deux aéroports à un seul groupe », indique ce banquier ce qui ouvre potentiellement le jeu en faveur de Ferrovial, associé à Meridiam, ou du turc Limak, qui pourrait s’appuyer sur ses relations actuelles avec l’aéroport de Lyon. Un temps candidat, Genève Aéroport a annoncé la semaine dernière qu’il jetait l’éponge.
Cette tension compétitive fait les affaires de l’Etat. En appliquant le multiple d’Ebitda de 18 fois payé par les acheteurs de l’aéroport de Toulouse, la plate-forme de Nice serait valorisée à 1,8 milliard d’euros. En retirant environ 600 millions de dette, la valeur des fonds propres atteindrait 1,2 milliard, dont 60% irait dans les caisses de l’Etat. Au total, avec Lyon, l’Etat pourrait récupérer un peu moins de 1,5 milliard d’euros de ces deux ventes. Le choix des vainqueurs devrait être arrêté courant août.
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