La taxe américaine sur les bénéfices à l'étranger laisse Wall Street de marbre
Sur le papier, la proposition de Barack Obama de taxer à titre exceptionnel de 14% les bénéfices conservés par les entreprises américaines hors des Etats-Unis fait craindre une envolée des avis d’imposition. Au total, le projet risque de coûter 238 milliards de dollars aux groupes américains. Pour certains, l’addition s’annonce salée: avec plus de 110 milliards de dollars à l’étranger, General Electric devrait payer 15 milliards de dollars de taxe.
Pourtant, à en croire la réaction de Wall Street, dans le vert hier à l’ouverture, le projet Obama aura du mal à franchir l’obstacle politique. Il faut dire que la réforme de la taxe sur les bénéfices réalisés à l’étranger fait l’objet de vifs débats depuis des années sans jamais avoir été modifiée. De nombreux dirigeants, comme John Chambers, le directeur général de Cisco, ne manquent pas de critiquer le système actuel qui prévoit 35% de taxe sur les bénéfices rapatriés, mais ils s’en accommodent bien. En six ans, les bénéfices accumulés à l’étranger ont quasiment doublé à plus de 2.000 milliards de dollars. Les accords fiscaux signés par Apple ou Amazon en Irlande ou au Luxembourg sont plus avantageux que le rapatriement des bénéfices aux Etats-Unis, même si, comme le propose Barack Obama, la taxe était réduite à 19% à l’avenir.
L’American Jobs Creation Act de l’administration Bush en 2004 n’a pas réglé le débat. Il autorisait les entreprises américaines à rapatrier leurs bénéfices étrangers en s’acquittant d’une taxe de seulement 5,25% à titre exceptionnel. Un peu plus de 800 sociétés américaines avaient profité de l’aubaine pour rapatrier 312 milliards de dollars. En revanche, l’effet positif pour l’économie américaine est contesté car la majorité des sommes rapatriées aurait servi à des rachats d’actions.
{"title":"","image":"81902»,"legend":"Barack Obama veut taxer de 14% les b\u00e9n\u00e9fices conserv\u00e9s par les entreprises am\u00e9ricaines hors des Etats-Unis. Illustration L\u2019Agefi.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Audi s'apprête à construire sa première usine aux Etats-Unis
La marque haut de gamme du groupe Volkswagen a prévu d’investir 4 milliards de dollars en vue de produire jusqu’à 200.000 véhicules par an à partir de 2030. -
La BCE se dirige vers un statu quo sur fond d'envolée des spreads
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l'arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français. -
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.