La taxe américaine sur les bénéfices à l'étranger laisse Wall Street de marbre

Souvent évoquée, la réforme du système actuel de taxation des bénéfices accumulés à l'étranger n’a jamais abouti.
Olivier Pinaud

Sur le papier, la proposition de Barack Obama de taxer à titre exceptionnel de 14% les bénéfices conservés par les entreprises américaines hors des Etats-Unis fait craindre une envolée des avis d’imposition. Au total, le projet risque de coûter 238 milliards de dollars aux groupes américains. Pour certains, l’addition s’annonce salée: avec plus de 110 milliards de dollars à l’étranger, General Electric devrait payer 15 milliards de dollars de taxe.

Pourtant, à en croire la réaction de Wall Street, dans le vert hier à l’ouverture, le projet Obama aura du mal à franchir l’obstacle politique. Il faut dire que la réforme de la taxe sur les bénéfices réalisés à l’étranger fait l’objet de vifs débats depuis des années sans jamais avoir été modifiée. De nombreux dirigeants, comme John Chambers, le directeur général de Cisco, ne manquent pas de critiquer le système actuel qui prévoit 35% de taxe sur les bénéfices rapatriés, mais ils s’en accommodent bien. En six ans, les bénéfices accumulés à l’étranger ont quasiment doublé à plus de 2.000 milliards de dollars. Les accords fiscaux signés par Apple ou Amazon en Irlande ou au Luxembourg sont plus avantageux que le rapatriement des bénéfices aux Etats-Unis, même si, comme le propose Barack Obama, la taxe était réduite à 19% à l’avenir.

L’American Jobs Creation Act de l’administration Bush en 2004 n’a pas réglé le débat. Il autorisait les entreprises américaines à rapatrier leurs bénéfices étrangers en s’acquittant d’une taxe de seulement 5,25% à titre exceptionnel. Un peu plus de 800 sociétés américaines avaient profité de l’aubaine pour rapatrier 312 milliards de dollars. En revanche, l’effet positif pour l’économie américaine est contesté car la majorité des sommes rapatriées aurait servi à des rachats d’actions.

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