La surenchère politique fait monter le risque sur le secteur britannique de l'énergie
A l’approche des élections législatives au Royaume-Uni, les enchères montent autour du secteur de l’énergie, accusé par les différents partis d’avoir amputé le pouvoir d’achat du consommateur ces dernières années. Actuellement en tête dans les sondages, le parti travailliste d’Ed Miliband promet s’il est élu l’an prochain de geler les prix de l'énergie pendant vingt mois.
Ed Davey, l’actuel secrétaire d’Etat à l’Energie du gouvernement conservateur de David Cameron, lui a répondu. Si les prix du gaz continuent d’augmenter, il menace de demander la scission des sociétés dont le monopole pourrait nuire au consommateur. Une façon de viser Centrica, le groupe issu de l’ancien monopole British Gas. Centrica détient 43% du marché du gaz outre-Manche.
«Il est clair que British Gas, la société avec la plus grande part du marché de l’alimentation domestique en gaz, a eu tendance à facturer des prix parmi les plus élevés au cours des trois dernières années tout en ayant été, en moyenne, la plus rentable», a écrit Ed Davey dans un courrier adressé dimanche à l’Ofgem, le régulateur britannique de l’énergie. Une enquête a été officiellement ouverte et l’Ofgem devrait communiquer ses conclusions fin mars.
Le débat autour des marges de British Gaz ou de SSE, son principal concurrent sur le marché du gaz outre-Manche, n’est pas nouveau mais il renforce le risque politique qui entoure le secteur. Hier, le cours de l’action Centrica a chuté de plus de 3,7% en séance, touchant ses plus bas niveaux depuis juin 2012. Il a déjà perdu 11% depuis le début de l’année.
Il y quelques semaines, les analystes de Deutsche Bank avaient fortement réduit leur prévision de marge bénéficiaire pour la division grand public de Centrica. Au cours des quatre dernières années, le groupe a dégagé un taux moyen de 7,5%. Elle pourrait tomber à 3% en cas d’intervention politique, deux fois moins que l’objectif annoncé par le groupe. Deutsche Bank calcule que toute baisse de 1% du taux de marge réduit de 7% à 8% le bénéfice par action de Centrica.
La direction de British Gas a répliqué en assurant que le marché britannique du gaz est l’un des plus concurrentiels d’Europe, avec pas moins de cinq grands distributeurs. Et elle assure qu’un niveau de marge de 5% est nécessaire pour couvrir ses besoins d’investissements dans le réseau.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester