La société civile veut davantage dialoguer avec l’entreprise
Au début de la saison des assemblées générales, les différentes parties prenantes ont dévoilé leurs attentes lors d’une conférence organisée par Capitalcom et Euronext.
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Bruno de Roulhac
Les investisseurs (Limited Partners) peinent à activer les leviers pour récupérer leur cash
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La saison 2016 des assemblées générales sera l’occasion d’améliorer le dialogue avec toutes les parties prenantes, notamment avec la société civile. L’an dernier au sein du CAC 40, 23 entreprises (contre 3 en 2011) ont publié une «matrice de matérialité» cartographiant notamment les attentes des parties prenantes, et 20 sociétés ont mis en place un cadre de rencontres régulières avec ces parties, qu’elles soient actionnaires, salariés, personnalités de la vie civile etc., selon l’agence de communication Capitalcom.
Ce n’est qu’un début. Lors d’une récente conférence organisée par Euronext et Capitalcom, ces parties prenantes ont fait part de leurs attentes. « Entreprises, prenez conscience de la société civile, il se passe des choses sur les réseaux sociaux», alerte Viviane de Beaufort, professeure à l’Essec, soulignant le vrai désir d’activisme sociétal en France et demandant d’associer davantage les salariés, actionnaires ou non, à la gouvernance.
Pour sa part, Edouard Dubois, vice-président corporate governance chez BlackRock, souligne l’absence de forum de dialogue pour tous les actionnaires, qui n’ont alors que l’assemblée générale pour s’exprimer. Plus largement, il demande que le dialogue avec l’entreprise ne soit pas limité à la seule période d’AG, et qu’il soit ouvert à davantage de parties prenantes. BlackRock privilégie toujours le dialogue et n’émet un vote négatif qu’en dernier ressort.
Une plus grande transparence et un dialogue dans la bienveillance est largement souhaité par les intervenants, comme Olivier Bonnet, responsable ISR à l’Erafp (régime de retraite additionnelle de la fonction publique) pour qui la performance d’une entreprise ne se mesure pas au taux d’approbation des résolutions, d’autant que l’Erafp est le premier à voter contre un dividende quand il le juge trop élevé. Une ouverture au dialogue également souhaitée par Denis Branche, associé directeur général délégué de PhiTrust, rappelant que « toute demande d’actionnaire n’est pas une agression ».
«Ouvrez-nous des espaces de dialogue», ajoute Nathalie Leroy, avocate, coordinatrice pour la France du projet EWSDGE (European Women Shareholders Demand Gender Equality), estimant que la société civile a un rôle moteur à jouer dans la vie des entreprises. L’avocate profite des AG pour «sensibiliser dans la bienveillance» et «donner l’envie d’avancer».
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