La SNCM empoisonne la sortie de Veolia du secteur des transports

L’exécutif corse demande au groupe de rembourser à la place de la SNCM les 220 millions d’euros d’aides jugées illégales par Bruxelles. Veolia s’insurge
Olivier Pinaud

Le dossier de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM) continue d’empoisonner Veolia Environnement, son futur actionnaire de référence. Dans un courrier adressé à la société et au gouvernement, l’Etat détenant 25% de la SNCM, le président de la Collectivité territoriale de Corse (CTC), Paul Giacobbi, exige de recouvrer auprès du transporteur maritime un montant d’un peu plus de 200 millions d’euros.

Compte tenu de ses finances, la SNCM est incapable de payer une telle somme. L’exécutif régional demande donc à l’actionnaire Veolia de rembourser à sa place.

Cette demande suit la condamnation infligée par la Commission européenne en mai exigeant que la France recouvre 220 millions d’aides jugées illégales versées à la compagnie reliant la Corse au continent entre 2007 et 2013. L’Etat et la SNCM ont déposé des recours contre cette condamnation mais l’exécutif corse est décidé à la faire appliquer.

«La CTC est créancière de la SNCM et va être prochainement contrainte, ainsi que (la loi) l’y oblige, de recouvrer auprès de la SNCM une somme d’un peu plus de 200 millions d’euros», explique Paul Giacobbi dans son courrier. Le risque de remboursement lié au litige avec Bruxelles était identifié par Veolia mais la somme de 220 millions d’euros n’a pas encore été provisionnée.

Dans un communiqué, la société «conteste fermement toute réclamation qui pourrait être faite à son encontre et confirme qu’elle n’a aucun engagement à l'égard de la SNCM dans ce cadre». Une façon de dire qu’elle n’a pas l’intention de payer la somme demandée par la CTC qui représente environ les deux tiers du chiffre d’affaires annuel de la SNCM. Veolia s’étonne également de l’envoi de ce courrier alors que la SNCM et l’Assemblée de Corse renouvelaient le jour même la délégation de service public pour dix années supplémentaires.

Rocambolesque, ce nouvel épisode risque de compliquer un peu plus le processus de sortie de Veolia du secteur des transports. Actuellement, la participation de 66% dans la SNCM est logée chez Transdev, la coentreprise de transports gérée avec la Caisse des Dépôts. Mais l’accord conclu avec la CDC en vue de la sortie progressive de Veolia de Transdev prévoit que le groupe reprenne à son compte les 66% dans la SNCM. Le dossier Trandev est actuellement entre les mains de l’Autorité de la concurrence. Sa décision est attendue dans le courant de l’automne.

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