La SNCF intègre le top 5 des plus grosses pertes pour un groupe français
Il y avait Vivendi, France Télécom ou Dexia. Le top 5 des plus grosses pertes pour les groupes français accueille désormais la SNCF. Guillaume Pépy, le président du directoire du groupe ferroviaire, a eu beau expliquer mardi matin dans un entretien aux Echos que les 12 milliards d’euros de dépréciations d’actifs passés en 2015 « sont de pures écritures comptables », sans sortie de cash, ils auront néanmoins un impact conséquent sur le compte de résultat et le bilan.
Ces dépréciations provoqueront une perte nette de plus de 11 milliards d’euros, sachant que le résultat net « récurrent » s’élève à 377 millions d’euros. Les fonds propres du groupe, combinant depuis l’an dernier les activités commerciales de la SNCF et la gestion du réseau (l’ancien RFF), seront affectés d’autant. Le sénateur Hervé Maurey, l’un des deux parlementaires membre du conseil de surveillance du groupe SNCF, ne cache pas « son grand étonnement » face à l’ampleur de ces chiffres, qui plus est dévoilés deux jours avant même qu’ils ne soient présentés aux administrateurs du groupe.
Les dépréciations illustrent le déséquilibre du modèle du groupe public, dont les lignes à grande vitesse ne sont pas rentables. SNCF Mobilités, l’établissement public à caractère industriel et commercial qui gère les trains, passe 2,2 milliards d’euros de dépréciations, dont environ la moitié pour les seules rames de TGV. La valeur du parc de trains à grande vitesse, déjà dépréciée en 2011 et 2014, tombe à 1,6 milliard contre 5,9 milliards initialement. Le groupe invoque une baisse de ses prévisions de trafic du fait de la montée de la concurrence du covoiturage, du low-cost aérien ou de l’autobus. La ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux, qui est encore en construction, est également dépréciée d’environ 1 milliard d’euros, afin de prendre acte de sa future exploitation déficitaire. La valeur des gares est aussi réduite de 450 millions d’euros.
Pour les activités d’infrastructures ferroviaires, l’ardoise des dépréciations atteint 9,6 milliards d’euros, réduisant la valeur des actifs de l’ancien RFF à 33 milliards. SNCF Réseau « est face à un monopole public qui n’a pas les mêmes objectifs de rentabilité qu’une entreprise normale, et ça, les normes comptables n’en rendent pas compte », a expliqué un porte-parole du groupe. Les investisseurs obligataires du groupe, qui assument la quasi-totalité des 36 milliards d’euros de dette de l’ex-RFF, apprécieront.
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