La situation financière de Gascogne appelle une décision radicale pour régler la dette
L’avenir de Gascogne n’a jamais été aussi incertain. Endetté et en pertes chroniques (91,3 millions d’euros en 2012, dont 60 millions de dépréciations d’actifs), le papetier a engagé ces dernières semaines de nouvelles négociations avec ses banques, sous l’égide du Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) et sous le regard attentif d’Henri Emmanuelli, président de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts et président du conseil général des Landes où le groupe emploie 1.600 personnes.
Gascogne n’est plus en mesure de faire face aux obligations financières qui avaient déjà été renégociées dans le courant de l’été 2012. Fin 2012, par dérogation, les banques avaient accepté de geler le paiement des tranches mensuelles de 1,7 million d’euros jusqu’au 30 avril dernier. Mais compte tenu de la faiblesse persistante de l’activité, et du non respect permanent des covenants, le gel a été prolongé jusqu’au 30 septembre 2013. De même, les créanciers et l’actionnaire principal EEM, en très lourdes pertes potentielles sur ce dossier, ont accepté de prolonger jusqu’à cette même date le remboursement des échéances du solde des nouveaux fonds injectés l’an dernier, soit environ 4 millions d’euros.
Mais ce gel ne fait que repousser le problème. Les cash-flow du groupe ne suffisent pas à couvrir les investissements (25,5 millions en 2012) ni les charges financières (9,4 millions en 2012). Le papetier a aussi constitué en 2012 un passif fiscal et social de 11,4 millions d’euros. Quant aux 13,5 millions d’euros de cessions d’actifs, ils ont tout juste servi à stabiliser le montant de la dette nette à 99,5 millions d’euros. A fin mars, elle s’élevait à 96,9 millions.
Dirigé depuis l’automne 2012 par Patrick Bordessoule, un dirigeant de crise placé par les banques, le groupe a revu sa stratégie en renonçant finalement à céder ses activités d’emballages complexes. Dans ces conditions, selon plusieurs bons connaisseurs du dossier, un abandon de créances paraît inévitable avec une injection de nouveaux fonds, ce qui conférerait la majorité du capital aux banques créancières, menées par la Société Générale, le Crédit Agricole et BNP Paribas. Celles-ci sont en position de force. Le crédit syndiqué qui remonte à 2008 leur offre un gage de premier rang sur les principales filiales de Gascogne. Mais elles sont aussi directement actionnaires du groupe.
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