La SEC garde l’œil sur l’envolée des valeurs technologiques lors des IPO
Le gendarme des marchés américains veille au grain dans le secteur d’internet. «On ne peut qu’être soucieux face aux valorisations des introductions en Bourse», a ainsi reconnu Robert Khuzami, responsable des services d’application des règles au sein de la Securities and Exchange Commission (SEC), à l’occasion d’une conférence organisée à New York par la Sifma (Securities Industry and Financial Markets Association), organisation représentative du secteur financier outre-Atlantique. Un public choisi de banquiers ou de gestionnaires d’actifs pour lancer cet avertissement à ne pas renouer avec de regrettables pratiques passées.
«Il n’y a pas si longtemps, les pratiques d’allocation occupaient l’esprit de tout le monde», a martelé Robert Khuzami, en référence à des accusations portées contre les banques qui tiraient parti de leur allocation pour créer de la demande sur le marché secondaire. Entre autres débuts en fanfare sur le marché, le cours du titre LinkedIn a plus que doublé le mois dernier à l’occasion de son premier jour de cotation sur la Bourse de New York, tandis que celui du réseau social chinois Renren gagnait près de 300%.
Reuters souligne que les banques d’investissement tentent en règle générale d’instaurer un prix d’introduction susceptible de permettre une hausse du cours voisine de 15% lors du premier jour de cotation. Une ambition de compromis entre la rémunération du risque pris par l’investisseur sur le marché primaire et la satisfaction de l’émetteur quant au montant levé. Le souci est, en réalité, que ces introductions tonitruantes cèdent malheureusement la place à des lendemains moins favorables pour les investisseurs, à l’image du cours de la société de radio en ligne Pandora Media qui évolue désormais en deçà de celui de l’IPO.
Pourtant, le flot de pépites présumées candidates à une introduction en Bourse reste abondant. Alors que la société de location de logements de vacances HomeAway a mis à prix ses titres cette semaine au point haut de la fourchette indicative, Zynga pourrait, selon diverses sources, déposer un dossier à la SEC cette semaine valorisant le groupe de jeux en réseau jusqu’à 20 milliards de dollars. A contre-courant, News Corp a annoncé la cession de MySpace à Specific Media, pour un montant supposé de 35 millions de dollars. Il est vrai que le pionnier des réseaux sociaux, dépassé par Facebook, pouvait peiner à faire rêver le marché boursier.
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