La révision des contrats gaziers à long terme devrait soulager les énergéticiens européens
L’accord conclu entre E.On et Gazprom sur les contrats gaziers devrait faire des émules en Europe. La renégociation de la formule d’achat du gaz obtenue par le groupe allemand va contribuer à réduire l’écart entre des prix d’approvisionnement à long terme élevés, en raison de leur indexation sur le pétrole, et des prix de revente qui ont baissé suite à une offre abondante. Etant donné qu’E.On achète à Gazprom environ un tiers du gaz qu’il produit, l’assouplissement augmentera de 800 millions d’euros son excédent brut d’exploitation cette année.
Selon Sven Diermeier, analyste chez Independant Research, cet accord «est susceptible d’avoir un impact sur de nombreux acteurs du secteur en Europe», notamment sur le numéro deux allemand RWE et sur le français GDF Suez. Ce dernier a déjà renégocié les prix des contrats à long terme de gaz naturel pour 2011 et 2012 avec la quasi-totalité de ses fournisseurs, de manière à prendre davantage en compte le prix du marché, une révision pour l’année 2013 n’étant pas exclue.
Mais le groupe français n’a pas quantifié l’impact des nouvelles conditions sur ses bénéfices, «étant donné que cette renégociation s’est effectuée au fil de l’eau et non pas à travers une procédure d’arbitrage comme dans le cas d’E.On», indique à L’Agefi un porte-parole de GDF Suez.
Les analystes d’UBS estiment qu’une renégociation de l’ensemble des contrats gaziers à long terme accroîtrait l’excédent brut d’exploitation d’environ un milliard d’euros pour RWE et de 500 millions pour GDF Suez. Cela serait bienvenu pour l’énergéticien français, toujours confronté à des incertitudes concernant les tarifs du gaz aux particuliers. A cet égard, le PDG Gérard Mestrallet a estimé mardi qu’il n’y avait «plus longtemps à attendre» avant l’avis définitif du Conseil d’Etat sur une demande d’annulation du gel des tarifs, qui permettrait une augmentation rétroactive. Cet avis «devrait intervenir dans le courant du mois de juillet», a-t-il ajouté.
Une issue positive équivaudrait à une hausse de 9 à 10% pour le 4e trimestre 2011, période sur laquelle le groupe avait constaté un manque à gagner de 290 millions. Par ailleurs, Gérard Mestrallet n’a pas confirmé la demande d’une hausse supplémentaire de 5% pour 2012, alors que le gouvernement doit se prononcer sur cette question dans les prochains jours.
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