La restructuration de CS traîne dangereusement en longueur
Les négociations se poursuivent. Et la situation devient de plus en plus tendue. Alors que la direction de CS (Communication & Systèmes) espérait aboutir avant la fin de l’année 2011, aucun accord n’a pu être trouvé avec un investisseur potentiel. Confié à Blackstone, le dossier a été présenté à plusieurs sociétés de services informatiques françaises susceptibles d’être intéressées par le groupe de Yazid Sabeg, dont une grande partie de l’activité provient de contrats avec la Défense française. Mais aucun repreneur n’a donné suite jusqu’à présent. La dégradation des conditions de marché depuis quelques mois n’a pas facilité les discussions en vue d’une injection de capital voire d’un adossement pur et simple.
Or, l’ancienne Compagnie des Signaux a absolument besoin de fonds pour restaurer son bilan et affronter les prochains mois de crise. La recherche d’un investisseur était même l’un des objectifs fixées en mai 2011 lors de la négociation d’un sursis avec les banques. Fin 2010, CS avait cassé l’une des deux clauses bancaires de son crédit de 12 millions d’euros souscrit en juin 2009. Le ratio de «leverage» (dette financière brute sur marge opérationnelle) était supérieur à 2,5. Après négociations, les banques avaient accepté de renoncer aux clauses d’exigibilité anticipée, ce qui avait évité à CS de devoir débourser 4 millions d’euros en juillet 2011.
Mais le solde de cet emprunt doit être remboursé au plus tard le 15 juillet 2012, soit une sortie potentielle de 10,4 millions. La SSII devra également rembourser en juin 2012 un prêt de 5,4 millions venu en remplacement des lignes de découvert antérieures.
Malgré les mesures de restructurations fortes mises en place au début de l’année, avec le lancement d’un plan de sauvegarde de l’emploi touchant environ 100 postes et visant à restaurer de 4 points la rentabilité opérationnelle, le ralentissement prévisible de l’activité risque de contrarier le retour aux bénéfices espéré en 2012. Déficitaire depuis 2008, CS a essuyé une perte nette de 13,3 millions d’euros au premier semestre 2011, et ses capitaux propres n’étaient plus que de 16,7 millions d’euros au 30 juin dernier pour des emprunts et des passifs financiers de 21 millions d’euros. D’où la nécessité impérieuse pour le groupe, où personne n'était joignable hier, de trouver rapidement une solution.
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