La responsabilité des membres du comité d’audit n’est plus collective
L’AMF a obtenu gain de cause. Dans le cadre de la loi de régulation bancaire et financière adoptée le 11 octobre dernier, le régulateur a spécifié que les membres du comité d’audit agissent «sous la responsabilité» des membres du conseil, s’est félicité hier Olivier Poupart-Lafarge, membre du collège de l’AMF, lors d’une conférence de l’association de gestion financière, IMA France. Or, l’ordonnance du 8 décembre 2008 transposant la directive européenne consacrant le rôle du comité d’audit parlait de «responsabilité exclusive et collective».
Dans son rapport sur les comités d’audit, le régulateur avait déclaré dès le mois de juin dernier qu’il ne reconnaissait pas cette responsabilité collective et avait saisi la Chancellerie, lui proposant de modifier ce texte. La responsabilité collective signifiait que pour s’exonérer de leur responsabilité, les administrateurs devaient démontrer qu’ils s’étaient comportés en administrateurs prudents et diligents.
Parmi ses missions, le comité d’audit doit envisager l’incidence potentielle sur l’information financière d’un risque non identifié dont il aurait eu connaissance. Ce sujet a fait débat au sein du groupe de travail de l’AMF. Il doit être pris en compte si le risque a une traduction comptable (provision pour risques, litige juridique...) Plus largement, le comité doit s’assurer que les dysfonctionnements dans les systèmes de contrôle interne et de gestion des risques sont détectés. «S’il n’y a pas de dysfonctionnements, le système est mauvais», avertit Olivier Poupart-Lafarge.
Si la loi n’impose pas de comité d’audit pour les structures contrôlées par une entité qui en a déjà un, l’AMF recommande néanmoins un comité pour chaque entité cotée, notamment dans le souci de respect des minoritaires. Et si, comme le permet la loi, le conseil peut se réunir en formation de comité d’audit, l’AMF ne l’admet que pour les valeurs petites et moyennes (VaMPs), dans la mesure où elles adaptent les règles: le PDG ne doit pas présider le comité et peut éventuellement se retirer des débats.
Enfin, bien que la communication financière incombe à la seule direction générale, le comité d’audit doit informer le conseil des faiblesses significatives du contrôle interne si elles constituent des déficiences majeures, autrement dit si elles risquent d’influer sensiblement sur le cours de Bourse. Une appréciation qui reste difficile…
Plus d'articles du même thème
-
Le Canada se dote d'un fonds souverain pour renforcer son indépendance économique
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a annoncé la création d'un fonds d'investissement national. Son ambition est de renforcer l’indépendance économique du Canada en investissant prioritairement dans les entreprises et les infrastructures du pays. -
PARTENARIAT
Avis de convocation – Saint-Gobain
-
Wall Street sur le qui-vive avant les résultats des géants de la tech
Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta Platforms, qui publient leurs résultats trimestriels ce mercredi 29 avril, suivis d'Apple le lendemain, seront scrutés par les investisseurs. Depuis environ un mois, tous ont porté le S&P 500 vers des sommets historiques. Des bénéfices records sont attendus, mais aussi des dépenses d'investissement sans précédent, tirées par l'IA.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- La Suisse publie sa proposition de loi «too big to fail» sur mesure pour UBS
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
Contenu de nos partenaires
-
Sot-l'y-laisseMaster Poulet, dans la cuisine de la guerre des gauches
En prenant la défense d’un fast-food 100 % halal que le maire PS de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, voudrait voir disparaître, les insoumis croient défendre le patrimoine culinaire de la « Nouvelle France » menacé par l'exil des bobos en banlieue -
Coq gauloisDerrière le boom du poulet, une France qui change profondément
Depuis début 2000, la consommation de poulet a été multipliée par deux en France. Preuve de bouleversements sociologique et économique profonds, portés par l'immigration, l'érosion du pouvoir d'achat et les soucis environnementaux. Des éléments complexes, cristallisés dans la « guerre » du Master Poulet -
EditorialLogement à Paris : Emmanuel Grégoire organise la pénurie et la flambée des prix
Changer la vie, peut-être, mais pas au point de remettre en cause ses a priori idéologique. Or contre cette carence locative dénoncée depuis des décennies maintenant, seule une vraie politique de l'offre sera efficace