La reprise d’EMI sera moins lourde pour la dette de Vivendi

Pour répondre aux exigences de Bruxelles, le groupe doit revendre environ 450 millions d’euros d’actifs, réduisant d’un tiers la facture de l’opération
Olivier Pinaud

Vivendi ne pourra pas profiter longtemps de l’intégralité du catalogue d’artistes d’EMI. Afin d’autoriser le rachat de la maison de disques, la Commission européenne exige que le groupe français revende environ un tiers du catalogue sous six mois. Bruxelles «craignait que l’opération, telle qu’initialement notifiée, ne permette à Universal de durcir sensiblement les conditions d’octroi des licences qu’elle propose aux plates-formes numériques qui vendent de la musique aux consommateurs».

Vivendi a déjà identifié les actifs à vendre, dont le célèbre label Parlophone qui détient notamment les droits de Coldplay, David Bowie, Tina Turner, Lilly Allen ou David Guetta.

Les concessions demandées par la Commission européenne sont plus importantes que celles initialement envisagées. Mais compte tenu de la situation financière actuelle de Vivendi, la décision de Bruxelles est plutôt salutaire. Les actifs à vendre sont valorisés environ 450 millions d’euros, sur la base des multiples arrêtés en novembre 2011 au moment de la conclusion du rachat d’EMI auprès de Citigroup, soit 1,2 fois le chiffre d’affaires et 7 fois l’excédent brut d’exploitation avant les synergies, estimées à 117 millions d’euros. Le montant des économies pourrait être préservé malgré les cessions d’actifs.

La facture, initialement de 1,4 milliard d’euros en valeur d’entreprise, devrait ainsi retomber autour du milliard pour Vivendi. Une économie bienvenue alors que la note de crédit du groupe a été placée sous surveillance négative par les trois agences avant l’été. L’annonce de l’acquisition d’EMI en novembre 2011 avait été mal perçue par les agences. Fin 2012, en intégrant EMI, et avant les cessions, la dette nette de Vivendi est attendue à 13,7 milliards d’euros par les analystes d’Exane BNP Paribas, soit 2,65 fois l’excédent brut d’exploitation. En plus des cessions liées à EMI, Vivendi s’était engagé à revendre pour 500 millions d’euros d’actifs de sa filiale Universal.

Le montant des actifs à vendre d’EMI pourrait néanmoins être légèrement inférieur. D’une part, Vivendi est un vendeur forcé, ce qui limite sa capacité de négociation; d’autre part les acheteurs potentiels sont peu nombreux, Bruxelles souhaitant que le repreneur soit déjà présent sur le marché de la musique. Warner et BMG font partie des favoris avec Virgin et Sony Music comme challengers.

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