La réorganisation à la tête de Pernod Ricard conforte la stratégie
Pernod Ricard encaisse les chocs. Chamboulé par le décès brutal mi-août de Patrick Ricard, son président, le groupe de spiritueux a réorganisé sa gouvernance en quelques jours. La succession assure la continuité à la tête de la société tout en réaffirmant le pouvoir de la famille fondatrice.
Alors que la présidence revient à Danièle Ricard, la sœur de Patrick, Alexandre Ricard, leur neveu, a été nommé directeur général délégué. Ayant fait toutes ses classes dans l’entreprise familiale, notamment à la tête du réseau de distribution, Alexandre Ricard prendra la pleine direction générale en janvier 2015, en remplacement de Pierre Pringuet, dont le mandat arrivera alors à échéance.
Cette transition accélérée mais sereine illustre aussi la bonne santé du groupe. Malgré les pressions économiques environnantes, Pernod Ricard a dégagé lors de l’exercice 2011-2012, clos le 30 juin, ses meilleurs résultats depuis 2008: croissance de 8% du chiffre d’affaires, à 8,2 milliards d’euros, hausse de 9% du résultat opérationnel courant, à 2,1 milliards, le tout avec un important effort de désendettement, la dette nette ayant été réduite de 385 millions d’euros, à 9,3 milliards. Elle représente 3,8 fois l’excédent brut d’exploitation, contre 4,4 fois un an auparavant. Tombé sous le seuil de 4, le ratio déclenchera une diminution de la marge du crédit syndiqué de 15 points de base en 2012-2013 précise le groupe.
Fort de ces résultats, et même s’il ne souhaite pas encore fournir d’indication chiffrée sur le nouvel exercice, Pernod Ricard s’estime en mesure de contrecarrer de futurs chocs. «Nos moteurs de croissance, à savoir les pays émergents, les Etats-Unis et les marques premium, ne vont pas changer», explique Gilles Bogaert, le directeur financier du groupe. De même, malgré la flambée du prix de certaines céréales, le dirigeant estime que, du fait de son positionnement, Pernod Ricard «a la capacité d’augmenter les prix pour compenser les quelques variations que nous pourrions constater sur les approvisionnements».
Enfin, s’il n’est pas question de remettre en cause «la stricte discipline financière», Gilles Bogaert n’exclut pas de «saisir des opportunités, tactiques, ciblées, sur nos marchés en croissance, les émergents ou les Etats-Unis par exemple, et sur des marques haut de gamme».
Plus d'articles du même thème
-
Fitch abaisse la perspective de la France
Dans une décision surprise intervenue vendredi soir en dehors du calendrier habituel, l'agence de notation indique ne pas croire à une réduction du déficit en 2027. -
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge. -
Monaco sort de la liste grise du Gafi
La décision récompense un ensemble de mesures prises par la principauté depuis 2024, date de son inscription sur la liste des pays placés sous surveillance renforcée.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Mise au point« La trêve hivernale n’oblige pas le bailleur à attendre le 1er avril pour agir »
La trêve hivernale, qui débute ce dimanche 1er novembre, est l'occasion de faire le point sur certaines idées reçues avec Emmanuelle Taupin-Mayor, commissaire de justice à Istres (PACA) et membre du bureau de la Chambre nationale. -
« C’est un changement de paradigme » : l’IA, nouvelle arme des entreprises face aux attaques automatisées
La publication des failles du langage PHP la semaine dernière oblige les entreprises à repenser leur cyberdéfense. Pour se défendre contre les attaques optimisées par l'IA, la solution serait... l'IA -
Crise politique en Pologne : le président du Tribunal constitutionnel écarté
L'accès au Tribunal constitutionnel est barré par des policiers antiémeute à la suite de la suspension de Bogdan Swieczkowski, son président, par le gouvernement. Vendredi, dans la soirée, Karol Nawrocki, le chef de l’Etat (PiS), s'est rendu sur place