La rentabilité des ETI françaises est retombée sous le niveau de 2016
Après trois années de hausse du chiffre d’affaires (+16% sur 2016-2019), les ventes des ETI françaises ont reculé de 7% en 2020 sous l’effet de la crise sanitaire, contre une baisse de 13% pour les sociétés du SBF 120. Sur cinq ans, le gain n’est que de 6%, couvrant tout juste l’inflation (+4,5%) sur la période, constate l’Observatoire annuel ATH – association technique regroupant 26 cabinets d’audit – sur la santé financière des PME et ETI.
Le commerce limite la casse
Si tous les secteurs d’activité ont été affectés par le recul du chiffre d’affaires, les sociétés exportatrices résistent mieux, leurs ventes à l’international ayant progressé de 7% en 2020. Néanmoins, «les entreprises françaises sont insuffisamment exportatrices, surtout quand on les compare à leurs homologues allemandes ou italiennes», souligne Philippe Mendes, associé chez Aca Nexia.
L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) a reculé de 12% en 2020, retombant sous le niveau de 2016. En cinq ans, la marge est tombée de 6,6% à 6%. Face aux incertitudes, les sociétés ont accru leurs dotations aux provisions, en particulier sur les stocks et sur les créances clients. «Une politique prudente de provisions liée à la crise covid», souligne François Aupic, associé chez RSM. En conséquence, le résultat d’exploitation a chuté de 30%, pour une marge en recul de 1 point à 3%. Seul le commerce limite la casse, avec une baisse limitée de 5% de son résultat d’exploitation. Toutefois, seulement un tiers de la baisse du résultat d’exploitation est dû à la performance, le reste relevant des provisions.
En revanche, les sociétés conservent des bilans solides, avec un ratio dettes sur capitaux propres stable à 71%, avec des fonds propres qui ont progressé au même rythme que l’endettement. «Les actionnaires ont été présents à deux niveaux, par l’apport de nouveaux fonds propres, et en réduisant leurs dividendes», constate Philippe Mendes.
Reprise prudente des dividendes
Alors que les sociétés du SBF 120 ont affiché un fort rebond de leur rentabilité au premier semestre 2021, les ETI devraient suivre le mouvement. «Pour les ETI qui font des arrêtés semestriels, les tendances sont proches de celles du SBF 120 pour les secteurs les plus résistants», constate François Aupic. D’ailleurs, «la politique de dividendes devrait reprendre, avec prudence», anticipe Philippe Blin, associé Sefac.
Néanmoins, «l’incertitude demeure pour 2022 avec un carnet de commandes de plus en plus court, sans vision longue», ajoute Philippe Mendes. La conjoncture empêche les donneurs d’ordres de se projeter sur le long terme.
Plus d'articles du même thème
-
Lonza séduit le marché par ses perspectives de moyen terme
Le fabricant suisse de médicaments vise une marge d’Ebitda autour de 38% à moyen terme, contre 33% à 34% attendu cette année. Le chiffre d’affaires devrait croître de 10% à 13% par an en organique. -
State Street IM collecte 7 milliards de dollars au troisième trimestre 2026
Le gestionnaire d’actifs américain gérait 6.306 milliards de dollars d’actifs à fin septembre. -
L’AMF demande une information transparente, détaillée et spécifique dans les comptes 2026
Comme chaque année, le régulateur alerte sur les points de vigilance pour l’arrêté des comptes 2026, dans un contexte économique et géopolitique très tendu.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Les marchés monétaires recommencent à inquiéter en zone euro
Contenu de nos partenaires
-
ExpertiseComment le Conseil des prélèvements obligatoires entend éclairer en direct le débat budgétaire
L'organe d'experts considère que la baisse de la surtaxe d'impôt sur les sociétés sur les très grandes entreprises, exceptionnelle, va dans le bon sens. Il défend aussi le coup de rabot sur le régime d'apport-cession, ou la baisse de l'abattement fiscal des retraités -
Fed up !Dette française : le monde perd patience
La France doit réparer d’urgence ses fondations budgétaires avant que les fissures ne s'élargissent et retrouver la confiance qui lui fait défaut, estime la directrice générale du FMI -
Présidentielle 2027 : Glucksmann et Philippe à égalité, derrière Jean-Luc Mélenchon, selon un sondage
Selon un sondage réalisé auprès de 1 390 personnes par Ifop-Fiducial pour LCI et Sud Radio, en cas de candidatures d’Edouard Philippe et de Gabriel Attal, le second tour opposerait Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen