La rentabilité des ETI françaises est retombée sous le niveau de 2016
Toutefois, les deux tiers de la baisse du résultat d’exploitation s’expliquent par la dotation aux provisions, souligne le baromètre ATH.
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Bruno de Roulhac
Les entreprises françaises sont insuffisamment exportatrices, comparées à leurs homologues allemandes ou italiennes.
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Photo Michal Jarmoluk/Pixabay.
Après trois années de hausse du chiffre d’affaires (+16% sur 2016-2019), les ventes des ETI françaises ont reculé de 7% en 2020 sous l’effet de la crise sanitaire, contre une baisse de 13% pour les sociétés du SBF 120. Sur cinq ans, le gain n’est que de 6%, couvrant tout juste l’inflation (+4,5%) sur la période, constate l’Observatoire annuel ATH – association technique regroupant 26 cabinets d’audit – sur la santé financière des PME et ETI.
Le commerce limite la casse
Si tous les secteurs d’activité ont été affectés par le recul du chiffre d’affaires, les sociétés exportatrices résistent mieux, leurs ventes à l’international ayant progressé de 7% en 2020. Néanmoins, «les entreprises françaises sont insuffisamment exportatrices, surtout quand on les compare à leurs homologues allemandes ou italiennes», souligne Philippe Mendes, associé chez Aca Nexia.
L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) a reculé de 12% en 2020, retombant sous le niveau de 2016. En cinq ans, la marge est tombée de 6,6% à 6%. Face aux incertitudes, les sociétés ont accru leurs dotations aux provisions, en particulier sur les stocks et sur les créances clients. «Une politique prudente de provisions liée à la crise covid», souligne François Aupic, associé chez RSM. En conséquence, le résultat d’exploitation a chuté de 30%, pour une marge en recul de 1 point à 3%. Seul le commerce limite la casse, avec une baisse limitée de 5% de son résultat d’exploitation. Toutefois, seulement un tiers de la baisse du résultat d’exploitation est dû à la performance, le reste relevant des provisions.
En revanche, les sociétés conservent des bilans solides, avec un ratio dettes sur capitaux propres stable à 71%, avec des fonds propres qui ont progressé au même rythme que l’endettement. «Les actionnaires ont été présents à deux niveaux, par l’apport de nouveaux fonds propres, et en réduisant leurs dividendes», constate Philippe Mendes.
Reprise prudente des dividendes
Alors que les sociétés du SBF 120 ont affiché un fort rebond de leur rentabilité au premier semestre 2021, les ETI devraient suivre le mouvement. «Pour les ETI qui font des arrêtés semestriels, les tendances sont proches de celles du SBF 120 pour les secteurs les plus résistants», constate François Aupic. D’ailleurs, «la politique de dividendes devrait reprendre, avec prudence», anticipe Philippe Blin, associé Sefac.
Néanmoins, «l’incertitude demeure pour 2022 avec un carnet de commandes de plus en plus court, sans vision longue», ajoute Philippe Mendes. La conjoncture empêche les donneurs d’ordres de se projeter sur le long terme.
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