La rentabilité des entreprises françaises de BTP va s’éroder cette année
L’horizon s’assombrit pour le secteur de la construction. «Pour les entreprises françaises, qui n’ont pas accès [aux marchés émergents], 2012 et 2013 seront de nouveau des années de grande vulnérabilité», prévient Ludovic Subran, chef économiste chez Euler Hermes.
L’assureur crédit estime ainsi que le niveau de défaillances devrait croître de 3,5% pour le secteur du BTP (après +3,2% en 2011) et atteindre 15.000 faillites. La moitié serait due à la crise économique, un quart à la fin des incitations fiscales dans l’immobilier et un quart aux facteurs exogènes (climat...). Le nombre de défaillances (redressement judiciaire et liquidation judiciaire) tout secteur confondu en France est attendu à 63.500, soit une hausse de 3%, la construction, les services et le commerce de détail étant les secteurs les plus touchés. Des chiffres qui se traduiront directement sur l’emploi, «un point d’augmentation des défaillances entraînant en général une hausse de 0,3 point du chômage», poursuit Ludovic Subran.
Pour l’ensemble des entreprises françaises du BTP, Euler Hermes anticipe une baisse de 3% de la rentabilité, avec une marge nette attendue à 3,4% en 2012 contre 3,6% l’an dernier. Ce recul s’explique à la fois par la stagnation de l’activité, avec une hausse du chiffre d’affaires qui devrait se limiter à 0,5%; par la tension sur les prix, en raison de la forte concurrence; et par un effet ciseau sur les matières premières, notamment avec la forte hausse des prix de l’acier. Le secteur « n’a pas de problèmes de crédit ou de financement, ajoute Ludovic Subran. En revanche, la très forte volatilité de la trésorerie des entreprises est un vrai problème».
Pour les très grands groupes mondiaux, la tendance est la même. En deux ans, leur marge nette a reculé en moyenne de 1,4 point. Elle est attendue cette année à 3,6% en Europe et à 4,5% aux Etats-Unis. En revanche, si la rentabilité des groupes chinois ne devrait être que de 2,2% cette année, elle s’améliore progressivement.
Malgré la morosité du contexte actuel, le secteur bénéficie toujours de relais de croissance: l’application des normes environnementales pour réduire l’émission de CO2 représente un marché potentiel de 550 milliards de dollars dans le monde; la rénovation du parc existant; et l’immobilier de bureau qui redémarre en Europe de l’Ouest, en hausse de 7% au premier trimestre.
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