La rentabilité de Bonduelle pâtira de la crise de la consommation en Europe

Le groupe n’espère plus qu’« approcher» la fourchette basse de son résultat opérationnel courant 2012-2013, soit 106 millions d’euros
Bruno de Roulhac

Quelques nuages s’accumulent dans le ciel de Bonduelle. Invoquant la détérioration «sévère» du climat de consommation en Europe depuis le début de l’année et des aléas climatiques sur le Vieux Continent comme au Canada affectant la consommation, mais aussi les semis et le début des campagnes agricoles, le spécialiste des légumes surgelés et en conserve estime qu’il devrait «approcher» la fourchette basse de ses objectifs de résultat opérationnel courant 2012-2013, attendu jusqu’ici entre 106 et 108 millions d’euros.

Compte tenu d’un chiffre d’affaires annuel sur l’exercice clos fin juin dévoilé hier, de 1,9 milliard d’euros (+7,3% en publié, et +1,9% en organique), la marge opérationnelle ressortirait au mieux à 5,6% en 2013, contre 5,7% en 2011-2012.

Pour sa part, le consensus Bloomberg anticipe 5,5%. En outre, Bonduelle prévient que les facteurs adverses actuels additionnés aux inflations des matières premières et à «la nécessaire modération des augmentations tarifaires destinée à préserver les volumes commercialisés» pèseront sur la rentabilité de l’exercice qui vient de débuter. Or, pour 2013-2014, le consensus Bloomberg table toujours sur une marge opérationnelle courante de 6,2%. Natixis vient d’abaisser sa prévision de résultat opérationnel 2014 de 115 à 109 millions d’euros, tandis que d’autres analystes attendent la publication des résultats annuels le 3 octobre prochain pour affiner leurs prévisions.

A l’annonce de ces avertissements sur les marges 2013 et 2014, l’action a reculé de 4,31% à 18,85 euros. Si Oddo reste à «neutre» sur la valeur, qui se traite sur un ratio valeur d’entreprise sur résultat d’exploitation 2013-2014 de 10,7 contre 7 pour les comparables, CM-CIC demeure à l’achat sur un titre «faiblement valorisé qui présente toujours de bonnes perspectives de croissance de l’activité et des résultats».

Sur le seul quatrième trimestre 2012-2013, le chiffre d’affaires du groupe a progressé de 1,7%, mais de 3,3% en organique, tiré par la forte croissance hors Europe (+8,5% en réel et +11% en organique). En outre, «la bonne nouvelle vient toujours de l’excellente tenue des ventes de l’activité conserve [+4,3% en organique au quatrième trimestre et +3,1% sur l’exercice] qui génèrent l’essentiel des résultats du groupe», relève CM-CIC.

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