La recomposition du capital de Gecina rassure le marché
La spéculation autour de la reconfiguration du capital de Gecina n’en finit pas. Dans un communiqué laconique, Blackstone et la Caisse des dépôts du Québec (via Ivanhoé Cambridge) ont annoncé avoir acquis «un intérêt d’environ 40%» dans les prêts de 1,6 milliard d’euros encore non remboursés d’Alteco et de MAG Import, véhicules de Joaquin Rivero et de Victoria Soler, deux des principaux actionnaires de Gecina avec respectivement 15% et 16% du capital. Toutefois, les fonds ne précisent pas avec quelle décote ils ont acquis ces 640 millions d’euros de dettes, qui leur donneraient droit à 12% du capital de Gecina.
En effet, le tribunal de commerce de Madrid a mis les deux holdings sous administration judiciaire le mois dernier, ces dernières ne parvenant pas à refinancer leur prêt auprès d’un syndicat de 13 banques, dont Natixis. Les magistrats ont également interdit la saisie des titres. Les deux fonds devront donc attendre que le tribunal leur donne l’autorisation de disposer de ces actions Gecina.
En attendant, les investisseurs ont salué cette nouvelle par une hausse de 1,82% de l’action Gecina à 86,65 euros. Elle devrait mettre «fin à l’incertitude liée à la gouvernance et permettrait de limiter un retour de papier massif, note Oddo. 19% du capital restent encore à sécuriser». Cette recomposition du capital de la foncière avec l’entrée de ces grands institutionnels «pourrait apporter de la stabilité et être positif du point de vue du crédit», ajoute l’analyse crédit de CM-CIC.
Par ailleurs, l’obligation remboursable en numéraire et en actions nouvelles et existantes (Ornane) 2016 de 320 millions d’euros offre «un put investisseur applicable en cas de changement de contrôle, poursuit CM-CIC. Si un actionnaire mettait la main sur plus de 50% du capital (par exemple les actions de Rivero et Soler et 19% du capital en plus, ce qui nous semble délicat à réaliser), cela permettrait aux porteurs de l’obligation convertible d’exiger leur remboursement».
En revanche, les emprunts obligataires (EMTN 2014, 2016 et 2019) d’un montant nominal global de 1,65 milliard d’euros, ne peuvent engendrer un remboursement anticipé que si le changement de contrôle s’accompagne d’une dégradation de la notation en «non investment grade» sans relèvement dans les 120 jours. Ce qui signifierait une baisse de deux crans, Gecina venant d’être relevée par Moody’s, puis par Standard & Poor’s à «BBB».
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