La prudence de Chrysler jette le trouble sur les objectifs annuels de Fiat
A en croire l’analyste Sascha Gommel de Commerzbank, la prudence affichée hier par Chrysler en termes d’objectifs de résultats 2013 «porte atteinte à la crédibilité» de ceux confirmés par Fiat. Le constructeur automobile italien, qui détient aujourd’hui 58,5% de l’américain, a maintenu son ambition d’engranger un chiffre d’affaires annuel compris entre 88 et 92 milliards d’euros, pour un résultat opérationnel de 4,0 à 4,5 milliards (contre 3,81 milliards en 2012) et un bénéfice net de 1,2 à 1,5 milliard.
Chrysler, sauvé de la faillite il y a quelques années seulement, est désormais d’une importance cruciale pour le groupe en termes de résultats, constituant selon le stratégiste Vincenzo Longo «le principal avantage compétitif (de Fiat) par rapport à ses concurrents européens». Fiat entend bien racheter le solde du capital auprès du fonds Veba du syndicat des salariés du secteur, l’UAW, avant de fusionner les deux constructeurs.
Les parties ont demandé la conciliation d’un tribunal pour déterminer le prix des options d’achat successives détenues par Fiat. Alors que la décision du tribunal du Delaware était attendue d’ici à la fin de ce mois, l’administrateur délégué de Fiat, Sergio Marchionne, a indiqué hier qu’aucun accord ne devait intervenir de façon imminente. Le constructeur américain a perdu de son éclat hier, avec un avertissement sur résultats inattendu. Chrysler a concédé que sa production devrait avoisiner 2,6 millions de véhicules cette année, contre une précédente estimation de 2,6 à 2,7 millions, et surtout, le constructeur mise désormais sur un résultat opérationnel annuel de 3,3 à 3,8 milliards, contre 3,8 milliards environ précédemment.
Sergio Marchionne met en avant des soucis d’approvisionnement empêchant Chrysler de faire face à la demande. Certes, le groupe italien a fait part d’une réduction de ses pertes sur le Vieux Continent au premier semestre, sur fond d’économies drastiques sur les coûts dans un marché en pleine déprime. Le volume d’immatriculations du groupe a pourtant fondu de 10,0% quand le marché de l’Union européenne abandonnait 6,6%.
Au deuxième trimestre, la perte de Fiat en Europe est passée en un an de 138 à 98 millions d’euros. Le constructeur espère revenir dans le vert en 2016. Les résultats du groupe Fiat se sont révélés conformes aux attentes, avec notamment un résultat net presque doublé (+82%) à 435 millions d’euros.
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