La prudence à court terme de Sodexo passe par des efforts sur les effectifs
Les turbulences à court terme ne sauraient masquer un horizon prometteur. Tel est le message transmis hier par Sodexo à l’occasion de la publication de résultats annuels à fin août en hausse et conformes aux objectifs fixés il y a un an déjà.
A 18,2 milliards d’euros, le chiffre d’affaires de l’exercice écoulé affiche ainsi une croissance organique de 6,5% (+1,3 point), contre un objectif de 6 à 7% et 5,2% sur neuf mois. En données brutes, les ventes ont bondi de 13,6% grâce à des effets périmètre de 4,4% et changes de 2,7%. Les marchés émergents ont représenté, avec une croissance interne de 15,0% (contre 1,6% pour l’Europe continentale), 20% de l’activité, une part doublée en cinq ans. Hors un ajustement comptable favorable au Royaume-Uni, la marge opérationnelle de l’exercice est pourtant stable, à 5,3%.
Le directeur général Michel Landel a martelé sa confiance en l’avenir (soulignée notamment par un dividende unitaire proposé en hausse de 8,9% à 1,59 euro), sur la base d’une stratégie à long terme d’offre de «services de qualité de vie» dans un marché mondial annuel que le dirigeant évalue à plus de 800 milliards d’euros. Si le groupe a confirmé ses ambitions à moyen terme (croissance annuelle moyenne des ventes de 7% et marge opérationnelle de 6,3% pour l’exercice 2014-2015), il se borne pour l’heure à miser pour l’exercice en cours sur une croissance «modeste» du chiffre d’affaires et du résultat opérationnel, en comparaison certes d’une année écoulée marquée par la Coupe du monde de rugby ou les Jeux olympiques. Michel Landel n’a pu promettre des précisions quant aux objectifs qu’à l’occasion de la présentation des résultats semestriels en avril prochain.
Pour l’heure, le dirigeant a concédé que les marges sont «sous pression» et annoncé le lancement d’un «programme d’efficacité opérationnelle et de réduction des coûts». Alors même que Sodexo a déjà réduit depuis trois ans ses frais de fonctionnement de près de 150 millions d’euros, il vise désormais un impact annuel positif lié au nouveau plan de 130 à 150 millions à compter de l’exercice 2014-2015, correspondant à un point de marge environ. D’ici là, le groupe table sur des coûts exceptionnels d’un même montant au cours des dix-huit prochains mois. Michel Landel a évoqué la suppression à cette échéance de 700 postes sur les fonctions supports, sur un effectif mondial de 420.000 personnes.
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