La profonde réorganisation de Tesco fait plonger de 96% son bénéfice net annuel
Après avoir consacré en 6 ans un milliard de livres (près de 1,2 milliard d’euros) au développement de sa chaîne de produits alimentaires Fresh & Easy sur la côte ouest des Etats-Unis, le distributeur britannique Tesco a confirmé qu’il allait tirer un trait définitif sur cette aventure qui n’a jamais été rentable. Cela va lui coûter 1,2 milliard de livres, un montant constitué à 80% de dépréciations d’actifs, qui a été comptabilisé sur l’exercice achevé fin février 2013.
Si la forme de ce désengagement reste à préciser, Fresh & Easy est désormais considérée comme une activité abandonnée. Malgré «de nombreuses manifestations d’intérêt» reçues de la part d’acquéreurs potentiels, le directeur financier Laurie McIlwee estime à «au moins 3 mois supplémentaires» le temps nécessaire pour mener à bien le processus de cession qui porte sur près de 200 magasins. Selon David Grey, analyste chez Planet Retail, la chaîne américaine «sera vraisemblablement vendue par appartement à plusieurs repreneurs plutôt qu’en un seul bloc».
Les activités du groupe en Europe continentale ne sont guère un motif de consolation, avec un recul de 4,5% des ventes à périmètre constant entre décembre 2012 et février 2013, suite à une demande particulièrement faible dans le secteur non alimentaire. Tesco a d’ailleurs déprécié de 495 millions de livres la valeur de ses actifs en Pologne, en République tchèque et en Turquie.
Au Royaume-Uni, où la croissance de ses ventes à périmètre constant s’est limitée à 0,5% au dernier trimestre de l’exercice, la valeur de son parc immobilier a été dépréciée de 804 millions. A cela s’ajoute une provision de 115 millions, qui correspond à des indemnités versées par sa filiale financière à des clients ayant indûment souscrit avant 2007 une assurance contre un défaut de paiement.
Au total, les provisions pour charges et dépréciations d’actifs ont amputé de 2,6 milliards de livres le bénéfice net annuel de Tesco, qui plonge de 96% à 124 millions. «Nous avons mis l’entreprise sur la bonne voie pour dégager des retours sur investissements réalistes, durables et attrayants, ainsi qu’une croissance de long terme pour les actionnaires», a déclaré le directeur général Philip Clarke. Le chemin du redressement est néanmoins jugé difficile, si l’on en croit le repli de 3,9% de l’action hier.
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