
La privatisation d’Egis voulue par la CDC se complique

Depuis le début de l’année, Egis, filiale à 75% de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), prépare l’ouverture de son capital à un fonds d’investissement. L’information avait été révélée par L’Agefi et confirmée par le directeur général du groupe, Laurent Germain. Le processus de privatisation s’est depuis précisé, sous l’égide de Rothschild & Co. Alors qu’une ouverture minoritaire du capital était initialement dans les tuyaux, l’éventualité d’une opération majoritaire ne serait plus exclue. «La participation que détiendra le futur partenaire financier du groupe est encore à déterminer, mais elle fera émerger un équilibre avec la CDC», précisait encore en janvier le dirigeant d’Egis, dans nos colonnes.
Verdict des offres indicatives
Si les lignes ont quelque peu bougé, un relatif scepticisme émane du processus de cession. Un nombre significatif d’investisseurs potentiels ont préféré passer leur tour, dans le cadre de la récente remise des offres indicatives. La CDC a d’ailleurs été contrainte de revoir le prixà la baisse – initialement fixé à 900 millions d’euros pour l’intégralité du capital.
Selon nos sources, seuls cinq fonds se seraient alignés : PAI Partners (qui vient de signer son entrée au capital de l’expert en certification Apave), Latour Capital, Tikehau Capital, Montefiore Investment et l’américain Bain Capital. «Mais Tikehau et Montefiore, qui ont besoin de trouver des co-investisseurs pour réaliser cette opération d’envergure, ont pour l’instant été écartés en raison de la faiblesse de leur offre respective», croit savoir un gérant. Cette même nécessité de s’allier à d’autres fonds est aussi une réalité pour Latour Capital, dont le troisième véhicule d’investissement a été doté d’un milliard d’euros l’an dernier. Or, le ticket recherché avoisine actuellement 500 millions d’euros, a appris L’Agefi.
Dans le haut du panier, Bain Capital ne part pas favori. «Le gérant américain a déjà eu des discussions avec la CDC mais elles n’ont pour l’instant pas abouti à une convergence de points de vue», indique un proche du dossier. Qui plus est, l’équipe de direction et les salariés d’Egis, qui conserveront 25% du capital à l’issue du processus, devraient s’accommoder d’un fonds connu pour son implication très active dans ses participations. C’est là l’un des principaux problèmes de la privatisation en cours.
La Caisse des dépôts aimerait instaurer une relation tripartite entre elle, le nouvel entrant et la direction. Un schéma où le fonds n’aurait pas les mains libres pour organiser sa sortie et où il s’engagerait à ne pas céder sa participation à un concurrent d’Egis. Cette difficulté n’en serait toutefois pas une si le business plan laissait envisager une rentabilité importante du groupe. «Le ‘business plan’ d’Egis table sur 10 millions d’euros de ‘free cash-flow’ sur cinq ans, ce qui rend l’équation très compliquée pour les investisseurs», estime l’un d’entre eux.
Expansion internationale
Pourtant, la recherche d’un investisseur aux poches profondes est devenue pressante pour Egis. Le bras financier de l’Etat espère en effet redynamiser sa filiale, qui se contente aujourd’hui de la 23e place des ingénieristes mondiaux. Un coup d’accélérateur sur le front de la croissance externe est au programme.
Outre les multiples emplettes réalisées chaque année, le groupe aimerait concrétiser une acquisition d’envergure pour franchir un nouveau palier à l’international. Cela dans l’optique de doubler son chiffre d’affaires – lequel a diminué de 5% l’an passé, à environ 1,2 milliard d’euros.
Contrairement à son activité d’exploitation aéroportuaire, chahutée par la crise, Egis a affiché une bonne résistance de son activité d’ingénierie en 2020. La filiale de la CDC reste optimiste pour cette année et table sur un rebond de 6% de ses revenus, hors acquisition, grâce à ses missions dans l’énergie, les services à la mobilité, l’exploitation routière, l’ingénierie du rail, du bâtiment, de l’eau et de la ville.
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