La privatisation d’Aena impliquera un noyau dur d’investisseurs
L’éclaircie économique qui se profile en Espagne incite Madrid à relancer la privatisation d’Aena, premier gestionnaire aéroportuaire mondial par le nombre de passagers (plus de 194 millions accueillis l’an dernier). Outre les 46 aéroports exploités sur son marché domestique, Aena possède des participations dans 14 aéroports en Amérique latine et il a acquis cet été 51% de l’aéroport londonien de Luton, en partenariat avec Ardian (ex-Axa Private Equity) qui détient le solde du capital.
Après une précédente tentative avortée en 2011, le gouvernement espagnol a obtenu en début de semaine le feu vert du Conseil consultatif des privatisations (CCP) pour une ouverture portant sur 60% du capital au maximum. Il cherche dans un premier temps entre trois et cinq investisseurs institutionnels pour racheter de 20 à 30% du capital, le solde étant ultérieurement introduit en Bourse, probablement au printemps prochain. Les recommandations du CCP précisent «qu’aucun investisseur ne devrait être autorisé à contrôler plus de 10% du capital». Selon le quotidien El Economista, Madrid table sur une valeur boursière d’environ 4 milliards d’euros pour Aena.
Le principal obstacle à la privatisation de l’opérateur espagnol reste sa structure de bilan très tendue, héritée de l’éclatement de la bulle immobilière. Au 31 décembre 2012, ses capitaux propres s’élevaient à 3,5 milliards d’euros pour une dette financière nette proche de 12,5 milliards. Cette dette, constituée en quasi-totalité de crédits bancaires, comporte des échéances annuelles significatives comprises entre 940 millions et 1,2 milliard d’euros d’ici à 2016. Un refinancement est d’autant plus nécessaire qu’à fin 2012, environ 43% de son endettement était à taux variables, indexés sur l’Euribor; le reste de la dette, à taux fixes, offrait «un intérêt annuel variant entre 0,98% et 4,88%».
D’un point de vue opérationnel, les comptes 2012 font apparaître un bénéfice d’exploitation de 236 millions d’euros qui correspond à 7,1% du chiffre d’affaires, contre une marge d’exploitation de 10% l’année précédente. Malgré un repli de 5% du trafic passagers, l’activité a progressé de 2,3% à 3,3 milliards, grâce à la hausse des revenus aéronautiques (taxes liées aux mouvements d’avions) et à une augmentation des revenus non aéronautiques provenant principalement des ventes en boutiques sous douane et hors douane.
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