La prime de risque sur les entreprises s’envole malgré leur confortable situation financière
France Télécom et EDF l’ont encore appris à leurs dépens. Verser un dividende régulier et conséquent n’immunise pas nécessairement contre une nervosité et une volatilité extrêmes des marchés financiers. Hier, les actions de l’opérateur de télécommunications et du producteur d’électricité ont essuyé les deux plus fortes baisses du CAC 40: - 4,81% pour EDF à 20,98 euros et -2,23% pour France Télécom à 12,90 euros. Du fait du profil réputé défensif de leurs activités et donc défavorable dans les phases de reprise du marché, le rebond de l’indice de la Bourse de Paris (+1,63% à 3.176,19 poins), après 11 séances de baisse consécutives, ne leur était pas légitimement favorable. Mais leur qualité défensive n’a finalement que peu joué ces derniers jours. Depuis le 1er août, et l’accélération de la crise, le cours d’EDF a par exemple chuté de 17,7% quand le CAC 40 abandonnait un peu moins de 12%. Celui de France Télécom en revanche n’a perdu «que» 8,67%.
En plus de faire chuter tous les indices boursiers, le tumulte sur le marché de la dette souveraine a également provoqué une flambée de la prime de risque de toutes les entreprises, sans distinction. Les credit defaut swaps (CDS), les contrats qui permettent de se protéger contre le risque de défaut d’une société, se sont envolés. L’indice Markit iTraxx Europe, qui mesure le coût du risque de 40 émetteurs européens, est monté à 603 points hier, contre 450 début juillet et une moyenne de 427 au cours des cinq derniers mois. Le CDS de France Télécom, pourtant détenu à 25% par l’Etat français, est repassé au-dessus de 115, au niveau de 2008, en pleine crise Lehman Brothers.
Pourtant, à la différence de plusieurs Etats, la plupart des grands groupes mondiaux sont à l’abri du besoin, bien plus qu’en 2008, année au cours de laquelle plusieurs émetteurs s’étaient retrouvés confrontés à des difficultés de financement et de liquidité. Or, selon les chiffres de S&P, après dix trimestres consécutifs de croissance, les entreprises du S&P 500 ont amassé dans leurs caisses plus de 963 milliards de dollars de trésorerie, soit 58% de plus que fin 2007, avant la chute de la banque américaine. Plus de 160 entreprises du S&P 500 offrent des rendements supérieurs à 10%.
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