La pression sur les bénéfices encourage les mariages dans les logiciels
La concentration de l’industrie des logiciels en Europe s’est poursuivie l’an dernier, constate le fonds Truffle Capital dans la huitième édition du «Truffle 100 Europe», qui analyse les 100 plus importantes sociétés de logiciels du Vieux Continent. Sur des revenus cumulés équivalents à 41,1 milliards d’euros pour les ventes de logiciels et services associés en 2012, 47,2% étaient aux mains des trois plus importants intervenants du secteur (SAP, Dassault Systèmes et Sage), contre 46% en 2011 et 40% en 2010.
«Avec 10% de croissance l’an dernier et des prévisions comprises entre 5 et 15% en 2014, les entrepreneurs européens du logiciel restent optimistes, dans un contexte de mutation complexe vers de nouveaux business models, qui obligent les éditeurs à se réinventer en vendeurs d’abonnements», souligne Bernard-Louis Roques, directeur général du fonds de capital-risque. Ceci en dépit d’une baisse d’environ 12% à 5,8 milliards des bénéfices agrégés de l’échantillon, qui encourage les opérations de fusions et acquisitions entre acteurs. Derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni à l’origine de respectivement 49,4% et 14,6% des ventes de logiciels, les 19 sociétés françaises répertoriées ont représenté 10,6% des revenus du secteur dans la région.
«Malgré le rattrapage boursier qui a eu lieu cette année, les éditeurs de logiciels cotés en France n’ont toujours pas récupéré les niveaux de cours de 2011», indiquait de son côté lors d’un récent point de presse Nicolas Maïquès, responsable de la recherche chez Invest Securities. Le passage d’un système de licences perpétuelles à un modèle d’abonnement («software as a service») étant en grande partie réalisé, il estime que le retour à une meilleure visibilité pour le secteur devrait encourager les acquéreurs potentiels à dégeler les négociations en vue d’un rapprochement. La hausse des ratios de valorisation aura un effet similaire sur les vendeurs.
Compte tenu du besoin grandissant de taille critique pour les spécialistes des logiciels de gestion (ERP), incités à proposer des solutions intégrées, les principales cibles françaises à moyen terme devraient être selon Nicolas Maïquès «les acteurs locaux ayant une base installée forte comme DL Software, Cegid ou Generix, ceux qui détiennent des technologies clés comme ESI ou Astellia, ou encore ceux qui sont concernés par un probable changement d’actionnaires comme Axway Software».
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