La pression monte autour du conseil d’administration de Wal-Mart
Fixée au 1er juin, l’assemblée générale des actionnaires de Wal-Mart promet d'être animée. Des révélations du New York Times ont placé le distributeur américain au cœur d’une affaire présumée de corruption à grande échelle au Mexique. Le fonds de pension des enseignants californiens (California State Teacher’s Retirement System ou CalSTRS), qui a porté le cas devant un tribunal du Delaware, a également décidé de s’attaquer à la gouvernance du groupe, coupable à ses yeux d’un défaut de supervision.
Dans un communiqué diffusé hier, CalSTRS a fait part de son intention de voter contre l’ensemble du conseil d’administration, qui compte quinze membres. Fort de 5,3 millions d’actions (soit moins de 1% du capital) - un bloc valorisé autour de 313 millions de dollars - le fonds de pension estime que «la direction de Wal-Mart a activement réduit à néant une enquête interne qui aurait permis de porter ces actes frauduleux à la lumière».
Pour sa défense, Wal-Mart indique avoir engagé le cabinet juridique Jones Day pour examiner le cas du Mexique et s'être adjoint les services de Greenberg Traurig et KPMG pour conduire un audit mondial sur la conformité.
CalSTRS est le dernier acteur institutionnel à dénoncer la conduite du conseil d’administration. Dès le 1er mai, le contrôleur financier de New York, John Liu, assurait que le fonds de pension de la ville (New York City Pension Fund) voterait contre cinq administrateurs de Wal-Mart en raison des soupçons de corruption : le président Rob Walton (depuis 1992), le directeur général Mike Duke, l’ancien directeur général Lee Scott (de 2000 à 2009), le responsable du comité d’audit Chris Williams et Arne Sorenson, le PDG de Marriott International, groupe avec lequel Wal-Mart entretient une relation commerciale.
Institutional Shareholder Services (ISS), une société de conseil aux actionnaires basée dans le Maryland, a de son côté appelé les actionnaires à voter contre quatre administrateurs (Walton, Duke, Scott et Williams). Son homologue Glass Lewis a demandé pour sa part de sanctionner Rob Walton, tandis qu’Egan Jones a réservé ses critiques à Duke et Scott. Ces tirs de barrage risquent toutefois de manquer leur cible, les héritiers du fondateur de Wal-Mart, Sam Walton, contrôlant 47% du capital.
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