La Place avance encore en ordre dispersé sur les placements privés
Appelée de vive voix par les investisseurs, la standardisation du marché français des placements privés avance à tout petits pas. Si des groupes de travail ont été mis en place par les différentes associations de la Place, chacun réfléchit pour l’instant de son côté. Le signe des intérêts divergents entre investisseurs, émetteurs ou bien encore intermédiaires de marché, face à un mode de financement relativement récent en France et par essence peu transparent : pas de notation, pas de prospectus obligatoire et cession de gré à gré.
«Dans un contexte où les investisseurs ne veulent plus d’obligataire souverain, où le crédit corporate est trop serré et où le high yield devient cher, ces derniers cherchent des investissements alternatifs. Cette quête rencontre d’ailleurs les besoins de financement des entreprises ou des collectivités locales. Mais, sur cette nouvelle classe d’actifs, les investisseurs institutionnels ont un réel besoin d’éclairage», reconnaît Philippe Haudeville, le secrétaire général de l’Association française des investisseurs institutionnels (AF2i).
L’association a ainsi récemment mis en place un groupe de travail, constitué de six membres, afin de collecter les meilleures pratiques en matière de documentation et de due dilligence sur les émissions obligataires par placement privé en Europe ou aux Etats-Unis.
Des sociétés de gestion pourraient être intégrées au groupe de travail. L’objectif de l’AF2i est de finaliser le document de travail d’ici à cet automne. Une série de recommandations sera ensuite formulée. Le travail pourrait ensuite être élargi à d’autres segments, comme les prêts.
L’Association française des marchés financiers (Amafi) cherche également de son côté à se faire sa propre religion sur les placements privés pour le compte de ses adhérents, notamment les banques qui arrangent les opérations pour leurs clients.
«Des standards existent déjà comme le Schuldschein allemand et l’USPP américain. L’objectif serait de développer un marché de l’EuroPP autour de standards propres. L’enjeu est de simplifier pour favoriser l’essor de ce marché, mais sans pour autant enfermer les acteurs dans un cadre inapproprié parce que contraignant», explique Sylvie Dariosecq, directeur des affaires juridique de l’Amafi.
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