La pertinence du rachat de la participation de L’Oréal dans Sanofi divise les analystes
Depuis que le PDG de L’Oréal a laissé entendre qu’il pourrait céder sa participation, non stratégique, de 8,9% dans Sanofi pour financer le rachat des parts de Nestlé au capital du géant des cosmétiques, les rumeurs vont bon train sur les intentions du laboratoire pharmaceutique. «Il est certain que nous avons du cash pour accomplir des choses», a déclaré Christopher Viehbacher, directeur général de Sanofi, en fin de semaine dernière.
La participation de L’Oréal dans Sanofi est valorisée près de 9 milliards d’euros. «Avec une dette nette de quelque 4 milliards d’euros et un free cash flow (avant dividendes) de l’ordre de 9 milliards, Sanofi dispose des moyens financiers pour racheter cette participation», confirme CM-CIC.
Ce rachat «aurait du sens», selon Deutsche Bank, invoquant quatre raisons: il permettrait d’optimiser le bilan du groupe; aux niveaux actuels du marché, les acquisitions relutives sont difficiles à trouver; Sanofi a toujours eu une approche «opportuniste» des rachats d’actions; et sur la base d’un coût moyen annuel de la dette de 2 à 4% pour financer ce rachat, l’opération «serait relutive de 7-8% sur le bénéfice par action 2015». Pour sa part, la Société Générale chiffre le gain de 4 à 10% par an sur les BPA 2014-2019.
Alors que le titre Sanofi a cédé près de 15% sur les quatre derniers mois, le calendrier serait adapté. Si le rachat avait lieu, «la décote du titre sur le secteur devrait se réduire significativement et rapidement», note la Société Générale. «Cela pourrait aider au rétablissement de la confiance des investisseurs dans Sanofi après les déceptions du deuxième trimestre et la révision à la baisse des objectifs 2013», ajoute Deutsche Bank. En revanche, «nous pensons que le rachat de la participation de L’Oréal ne constitue pas la meilleure option stratégique puisque cette dernière ne résout pas la problématique de reconstruction progressive d’un pipeline pour Sanofi», conclut CM-CIC.
D’ailleurs, Chris Viehbacher n’exclut pas d’autres alternatives. Sanofi pourrait ainsi continuer à monter au capital de l’américain Regeneron, dont il détient déjà 16% avec possibilité de monter jusqu’à 30%. A un plus haut historique, Regeneron vaut près de 29 milliards de dollars. Le marché évoque également le possible rachat de la biotech Viropharma, valorisée en Bourse 2,6 milliards de dollars.
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