La marée noire de l’an dernier bride encore les résultats de BP

Le pétrolier britannique, qui ne parvient pas à profiter pleinement de la hausse des cours du brut, n’exclut pas une scission du raffinage
Yves-Marc Le Réour

La publication par BP d’un bénéfice net de 5,6 milliards de dollars à fin juin, après une perte nette de 17 milliards enregistrée au deuxième trimestre 2010, ne doit pas masquer les conséquences toujours négatives de la marée noire de l’an dernier sur le pétrolier britannique. Ajusté des éléments exceptionnels et de la variation des stocks, le bénéfice net calculé au coût de remplacement, qui s’élève aussi à 5,6 milliards, ressort 7% en-dessous du consensus.

Si la branche exploration & production affiche un bénéfice opérationnel en hausse de 6% à 6,6 milliards, la production d’hydrocarbures de BP «a reculé de 11% par rapport au deuxième trimestre 2010 et de 7% à périmètre comparable, à 3,43 millions de barils équivalent pétrole par jour». Le groupe peine donc à tirer parti de la hausse de 48% des cours du brut d’une année sur l’autre. Malgré une progression de 26% des marges de raffinage, des coupures de courant dans sa raffinerie de Texas City et une baisse des ventes dans la pétrochimie ont entraîné un plongeon de 35% à 1,3 milliard du bénéfice opérationnel de la branche raffinage et distribution.

Réagissant aux suggestions formulées par certains analystes de scinder ses activités de raffinage à l’image de ConocoPhilips, le directeur général de BP Robert Dudley a indiqué «être ouvert à toutes les options», si elles aboutissent à «une création de valeur à long terme pour les actionnaires». Ajoutant que la cession de ses raffineries californiennes de Texas City et de Carson «était en bonne voie», il anticipe au troisième trimestre «un nouvel impact des coûts de restructuration et de maintenance en Angola et en mer du Nord, combiné aux effets négatifs de la suspension de nos activités de forage dans le Golfe du Mexique». Le rebond devrait être plus marqué à partir de 2012 «grâce à la mise en production de projets à plus forte marge».

Les résultats de BP contrastent fortement avec ceux du producteur britannique de gaz naturel BG, qui a fait état hier d’un bond de 90% du bénéfice d’exploitation trimestriel de ses activités d’exploration-production à 1,4 milliard de dollars, accompagné d’une hausse de 2,8% de sa production. Le marché a gratifié l’action BG d’une hausse de 4,3% à 1.486 pence, tandis que le titre BP clôturait en repli de 2,6% à 463 pence.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...