La hausse des cours du pétrole permet à BP de se maintenir à flot
Dans le sillage de la marée noire historique survenue dans le Golfe du Mexique, BP observe avec amertume le panorama d’un secteur pétrolier euphorique sous l’impulsion de cours du brut en vive hausse. Les résultats trimestriels publiés hier par le groupe britannique restent en effet marqués par les répercussions de la catastrophe survenue il y a un an, entre provisions pour indemnités et programme de cessions d’actifs pesant sur le niveau de production. Ce dernier a reculé de 11% sur au trimestre écoulé par rapport à l’an passé.
BP a dans ce contexte concédé un repli de 2% du résultat net aux coûts de remplacement, à 5,48 milliards de dollars. Cet indicateur est attendu selon Reuters en hausse de 22% pour Royal Dutch Shell et de 59% pour Exxon Mobil.
Pour autant, la publication des résultats a semble-t-il rassuré les opérateurs boursiers, sous couvert de la poursuite de l’amélioration des cours du brut et des marges de raffinage sur le trimestre en cours. Les premiers ont bondi de 38% pour BP au premier trimestre, les secondes ont triplé. L’espoir d’une résolution du conflit concernant une alliance envisagée avec Rosneft, à laquelle BP a assuré travailler, a également apaisé les esprits.
Mais aux yeux de Richard Rose chez Oriel Securities, «les obligations nées de l’incident (du puits) Macondo vont pénaliser la croissance à court terme de l’activité et empêcher toute hausse du dividende jusqu’à ce les comptes de cette faute lourde ne soient soldés en 2012». L’échéance évoquée par l’analyste constitue toutefois une lueur d’espoir, alimentée selon Jason Kenney chez ING par le niveau de la provision consentie au trimestre écoulé, 400 millions de dollars (portant la facture estimée par BP à 41,3 milliards), le plus faible depuis la fin de la fuite du puits. Attentiste, Alastair Syme pour Citigroup avance que le recentrage vers l’exploration, qui passe par un allègement des capacités de raffinage aux Etats-Unis, «mettra sans doute des années à porter ses fruits, mais c’est la meilleure chose à faire».
Dès lors, si Jason Kenney admet qu’en Bourse l’engagement auprès de BP requiert un important goût du risque, il estime que «le scénario du rebond demeure intact». Son confrère Keith Bowman chez Hargreaves Lansdown croit résumer le sentiment en attribuant un conseil d’«achat prudent» sur la valeur, dont le cours a chuté d’un tiers depuis un an.
Plus d'articles du même thème
-
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
Roundhill met au point un ETF pour protéger les portefeuilles face à l’IA
Le fonds, à gestion passive, réplique l’indice Akros U.S. Heavy Assets Low Obsolescence, sélectionnant 100 sociétés américaines à forts actifs physiques
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Printemps franco-algérienDZ mafia, coopération judiciaire et Christophe Gleizes au programme de la visite de Gérald Darmanin à Alger
Le garde des Sceaux entend « revenir avec des informations et des noms » de profils dangereux du narcotrafic qui se sont mis à l'abri en Algérie -
Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas, a été tué lors d’une frappe israélienne
Samedi 16 mai, Israël a indiqué avoir tué, vendredi, par une frappe ciblée, Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas et l’un des responsables de l'attaque du 7-Octobre -
L’Iran affirme discuter avec des pays européens pour franchir le détroit d’Ormuz
« Des [pays] Européens ont entamé des négociations avec la marine des gardiens de la révolution » pour traverser le passage, a indiqué la télévision d’État iranienne. Les noms des pays concernés n’a pas été précisé et, pour l’heure, aucun pays européen n’a confirmé cette déclaration de Téhéran