La gouvernance de Theolia soulève de nouvelles interrogations
Alors que Theolia doit présenter mardi prochain ses résultats annuels, la fronde du premier actionnaire individuel, Yves Jacquin Depeyre monte en puissance. Ce dernier, qui détient 8% du capital via son groupe familial Ylliade n’exclut pas de se renforcer encore.
«La présence au conseil d’administration d’au moins 2 ou 3 grands actionnaires ayant des intérêts distincts me paraît indispensable pour garantir à tous les actionnaires que le pouvoir n’est pas accaparé au profit d’une minorité, explique à L’Agefi Yves Jacquin Depeyre. Quand seulement 13 à 15% du capital sont représentés au conseil d’administration, à tort ou à raison, le marché craint que les intérêts particuliers l’emportent sur l’intérêt général et le cours est plombé, ce que nous constatons avec la performance décevante du titre Theolia [-50% sur deux ans, ndlr]. La question est exacerbée si des opérations importantes sont réalisées avec des membres du conseil».
En effet, en début d’année, Theolia a acquis Breeze, exploitant de parcs éoliens en Allemagne et en France, pour 35,5 millions d’euros, sans préciser le nom du vendeur. Selon son rapport annuel, GDF Suez précise avoir cédé en décembre 2012 Breeze pour 30 millions d’euros à Christofferson Robb & Company (CRC). Or, David Fitoussi, directeur de Christofferson Robb & Company, est président du comité d’audit de Theolia, et CRC Active Value Fund, de concert avec Michel Meeus, président du conseil d’administration de Theolia, Pierre Salik et Brigitte Salik, détient 13,2% du capital et 15,5% des droits de vote de Theolia. Pourtant, «personne n’en a été informé, ajoute Yves Jacquin Depeyre. Si tel était effectivement le cas, je demanderai la démission du ou des administrateurs concernés».
Contacté par L’Agefi, Theolia s’est refusé à tout commentaire. La prochaine assemblée générale, prévue en juin, promet donc d’être houleuse.
Par ailleurs, le premier actionnaire de Theolia s’inquiète du niveau de dette auquel Theolia doit faire face. «Je ne veux en aucun cas que la dette - 126 millions d’euros d’Oceane à rembourser fin 2014 – puisse être instrumentalisée au préjudice des actionnaires minoritaires, poursuit Yves Jacquin Depeyre. Or, je trouve préoccupant qu’un conseil d’administration ultraminoritaire dispose du pouvoir de procéder à une augmentation de capital réservée avec suppression des DPS pour 26 mois à compter de l’AGE de 2012 ».
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