La fusion entre Porsche et Volkswagen n’aura pas lieu en 2011

Les obstacles juridiques rencontrés n’empêchent pas un approfondissement de la coopération industrielle entre les deux constructeurs allemands
Yves-Marc Le Reour

Prudence et réalisme semblent désormais l’emporter chez Porsche. Le constructeur allemand a déclaré hier soir que l’enquête portant sur d’éventuelles manipulations de son cours de Bourse par deux de ses anciens dirigeants prendrait plus de temps que prévu, ce qui ne lui permettra pas de fusionner avec Volkswagen avant l’année prochaine. L’accord conclu en juillet 2009 entre les deux constructeurs allemands prévoyait un rapprochement complet dans la seconde moitié de 2011.

Le résultat de l’enquête en cours «aura un impact sur le montant des dommages et intérêts réclamés à Porsche» par certains investisseurs, déclare le constructeur allemand, en ajoutant que ce montant doit être connu avant de procéder à la fusion. Si «des retards substantiels» sont susceptibles de diminuer les chances de succès de celle-ci, Porsche estime cependant qu’elle «pourrait avoir lieu même après 2011». Cette fusion est d’autant plus compliquée qu’elle bute également sur des litiges qui persistent avec le fisc allemand.

Ces revers juridiques n’empêchent pas un approfondissement de la coopération industrielle entre les deux groupes. L’usine de Volkswagen située à Osnabrück va ainsi produire les modèles Boxster et Cayman de Porsche, a déclaré cette semaine le directeur de l’usine Ludger Teeken. «Volkswagen va de l’avant pour intégrer Porsche dans son écosystème», relève Stipo Bralo, analyste de la banque SEB à Francfort, en ajoutant que «la fusion est en train d’être réalisée au niveau opérationnel». En faisant de Porsche sa dixième marque, Volkswagen entend pouvoir plus facilement dépasser d’ici à 2018 son concurrent japonais Toyota en termes de vente et de rentabilité, ajoute Stipo Bralo.

Les deux groupes, qui ont procédé à des échanges de cadres dirigeants, «ont les ressources nécessaires pour élargir leur rayon d’action. Le défi sera de le faire sans compromettre l’identité de la marque Porsche», juge de son côté Marc-Rene Tonn, analyste chez M.M. Warburg à Hambourg, en se disant confiant sur une intensification de cette coopération. Volkswagen devrait en tout cas publier le 10 mars prochain un bénéfice annuel avant impôts multiplié par plus de trois à 6,7 milliards d’euros, selon le consensus Bloomberg qui prévoit également un chiffre d’affaires en progression de 17% à plus de 123 milliards d’euros.

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