La fusion entre Glencore et Xstrata semble de plus en plus compromise
Annoncée comme l’une des plus grosses fusions de l’industrie, le rapprochement entre Glencore et Xstrata pourrait en réalité devenir l’un des plus importants échecs de l’histoire. De plus en plus de grands actionnaires de Xstrata affichent leur opposition à ce projet de 30 milliards de dollars. Après le Qatar, Knight Vinke ou bien encore Standard Life, qui ont déjà clairement fait part de leur volonté de voter contre l’union lors de l’assemblée générale du 7 septembre, le fonds souverain norvégien s’interroge sur la marche à suivre, selon le Financial Times.
Norges Bank Investment Management (NBIM), qui a consacré plus de 500 millions de dollars à acheter des titres Xstrata ces dernières semaines, ne serait pas prêt à les échanger contre des actions Glencore, à raison de 2,8 titres Glencore pour une action Xstrata. Et la contestation devrait encore monter à l’approche de l’assemblée générale. Hier, le cabinet de conseil aux investisseurs Pensions & Investment Research Consultants a appelé les actionnaires à voter contre. Mi-août, ISS avait donné la même recommandation, jugeant très limités les mérites de ce rapprochement.
A moins que Glencore n’accepte de relever les conditions financières de son offre, la fusion devrait être bloquée la semaine prochaine. Le groupe, qui détient déjà 34% du capital de Xstrata, ne pourra pas prendre part au vote. Résultat, il suffit que des actionnaires représentant plus de 16,5% du capital de Xstrata se prononcent contre la fusion pour annihiler le projet. Or, à lui seul, le Qatar détient déjà un peu plus de 12% des parts. Hier, les analystes de Liberum Capital estimaient à seulement 30% les chances de réussite de l’opération, 10 points de moins que la semaine dernière. Sur le marché, le rapport entre les deux actions reste bloqué sous 2,5, signe que les investisseurs y croient de moins en moins.
La semaine dernière, devant la montée de l’opposition, Ivan Glasenberg, le directeur général de Glencore, avait prévenu que son groupe n’était pas dans l’obligation de racheter sa filiale minière et qu’il n’avait pas l’intention de la surpayer. D’autant que depuis l’annonce du projet en début d’année, la situation du marché des matières premières s’est nettement dégradée et que son groupe, sans Xstrata, a publié des résultats meilleurs que prévu.
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