La frénésie actuelle incite Oberthur à revenir sur le marché du crédit
Oberthur Technologies et son actionnaire Advent International ont l’intention de profiter eux aussi de la frénésie actuelle du marché du crédit. Cinq mois seulement après avoir refinancé la dette montée lors de son rachat par Advent durant l’été 2011 pour 1,1 milliard d’euros, dette incluse, le groupe de cartes à puce propose de nouvelles conditions à ses prêteurs.
JPMorgan a été chargée de diriger l’opération. La banque avait déjà participé au refinancement d’octobre 2013 avec Goldman Sachs et Lloyds Bank comme co-coordinateurs globaux.
Malgré les conditions obtenues fin 2013, au plus bas de la fourchette alors proposée aux prêteurs et avec des clauses contractuelles fortement allégées, Oberthur souhaite réduire un peu plus les marges de sa dette senior. Selon Bloomberg, pour sa tranche en euros d’un montant de 260 millions, le groupe proposerait 375 points de base au-dessus de l’Euribor, soit 125 pb de moins que dans le contrat actuel. Pour les 280 millions libellés en dollars, la marge serait réduite également de 125 pb pour être ramenée à 350 pb par rapport au Libor. La maturité serait réduite d’un an, à 2019. Les prêteurs ont jusqu’à vendredi pour faire part de leurs engagements.
La structure de financement renégociée à l’automne 2013, qui comprenait également une émission obligataire high yield de 190 millions d’euros à 9,25%, se voulait mieux adaptée à la répartition du chiffre d’affaires du numéro deux mondial des cartes à puce et des solutions de sécurité derrière Gemalto, dont l’activité se divise entre l’Europe et les zones dollars. Elle devait également faciliter la politique de croissance du groupe dirigé depuis un peu moins d’un an par Didier Lamouche, ancien de STMicroelectronics. La première obligation de remboursement du capital de plusieurs dizaines de millions d’euros prévue pour 2014 avait été supprimée.
Après plusieurs mois de travail, Didier Lamouche doit présenter le nouveau plan stratégique du groupe début mars. Au premier semestre 2013, le chiffre d’affaires d’Oberthur a progressé de 11,5% à 462,6 millions d’euros, pour un Ebitda de 60,3 millions (+6%). Sa dette représentait environ 6 fois l’Ebitda annuel.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester