La France charge le médiateur du crédit du dossier Petroplus
Le temps presse pour Petroplus, dont l’action a perdu hier 10,8% à 1,65 franc suisse, après avoir déjà cédé 46% mardi. Asphyxié par le gel de lignes de crédit renouvelables non confirmées d’un milliard de dollars, représentant 38% de ses liquidités, le raffineur suisse se doit de trouver une issue rapide avec ses créanciers bancaires.
Pressé par les syndicats, le gouvernement français s’est saisi du dossier, renforçant encore un peu plus la pression pesant sur le groupe helvétique. Petroplus gère cinq raffineries en Europe, dont une en France, à Petit-Couronne, qui emploie 550 personnes. Un site qui fait l’objet d’un plan de «reconfiguration industrielle» devant affecter 120 salariés.
Dans un communiqué commun, les ministres de l’Industrie et de l’Economie ont indiqué avoir chargé le médiateur du crédit de ce dossier. «Le gouvernement, par le bais de la médiation du crédit, fait tous ses efforts pour aider Petroplus dans ses négociations bancaires, qui sont des négociations complexes incluant plusieurs banques internationales», soulignent François Baroin et Eric Besson.
Selon les autorités françaises, les banques hexagonales «ont fait part de leur disponibilité pour mettre en place les financements demandés par l’entreprise dans le cadre d’un accord global». Autrement dit, le groupe suisse devra s’entendre avec les autres membres du consortium bancaire. Et c’est là que le bât blesse. Outre le fait que Petroplus est un groupe de droit suisse, «seules trois banques françaises sont présentes parmi la quinzaine de banques qui financent le groupe», rappelle le gouvernement.
Sans déblocage rapide de la situation, le raffineur, qui ne parvient plus à acheter de pétrole brut, devrait être contraint d’arrêter la production dans quelques jours. Andreas Escher, analyste chez Vontobel, n’entrevoit guère d’espoir. Il estime dans une note que le scénario d’une cession d’une ou plusieurs raffineries ou d’un accord sur l’approvisionnement en brut serait trop long à mettre en œuvre pour résoudre la crise de liquidités.
De leur côté, les syndicats demandent à l’Europe, au-delà de cet incident, de prendre des mesures contre les importations à bas prix de produits pétroliers raffinés dans les pays émergents. Selon eux, environ 40 millions de tonnes de produits pétroliers sont ainsi importées chaque année sur les 90 millions consommées en France.
Plus d'articles du même thème
-
La demande intérieure et les services, deux atouts pour l'économie indienne
Touchée par la flambée des prix de l’énergie, l’Inde s’adapte et continue de se transformer. Depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 2014, le pays a mené des réformes importantes et veut gagner sa place parmi les grands de ce monde. -
Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
Pour les grandes entreprises françaises, les promesses du marché indien n'ont plus rien de théorique. Mais l'hypercroissance impose de relever nombre de défis. -
La facture électronique ne mobilise pas encore toutes les troupes
L’enquête de Spendesk pointe un paradoxe entre confiance face à la réforme et niveau réel de préparation de la part des directeurs financiers.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Finances royales : au Royaume-Uni, Charles III mise sur la transparence et révèle un impôt record
Premier monarque britannique à dévoiler publiquement sa contribution fiscale, Charles III a révélé avoir acquitté plus de 30 millions de livres d'impôts depuis son accession au trône en septembre 2022, soit environ 35 millions d'euros -
CarrièreDéconnecter, une mesure de sauvegarde pour nos cerveaux
L’Observatoire B2V des mémoires, cet organisme créé par le Groupe de protection sociale B2V, pour explorer la mémoire et le fonctionnement de nos cerveaux et vulgariser l'information scientifique, nous rappelle pourquoi il est vraiment nécessaire de faire une pause -
CarrièreTrois conseils de l’Apec pour entretenir son employabilité
Et si après 45 ans, votre meilleur atout… c’était vous (mais un peu version 2.0) ?