La fondation KPN fait monter la pression sur l’OPA d’America Movil
La réussite de l’OPA d’America Movil sur KPN n’est pas courue d’avance. Créée en 1994 lors de la privatisation de l’opérateur néerlandais, la fondation indépendante (stichting) chargée de défendre les intérêts du groupe exprime des réserves sur le projet d’America Movil, contrôlé par l’homme d’affaires Carlos Slim. Soulignant «l’incertitude considérable entourant les intentions d’America Movil», elle reproche en particulier à l’opérateur mexicain de n’avoir pas arrêté sa position concernant la cession prévue pour 8,1 milliards d’euros de E-Plus, filiale allemande de KPN, à l’espagnol Telefonica.
Comme l’indique Walter Samuels, porte-parole de la fondation, «America Movil a évidemment le droit de réfléchir sur ce sujet, mais il doit indiquer sa position à KPN, à ses salariés et à ses actionnaires dans un délai approprié», avant que les autres actionnaires ne soient amenés à donner leur avis sur cette opération. Carlos García Moreno, directeur financier d’America Movil, avait auparavant déclaré que son groupe voulait «faire ressortir la valeur» de KPN et n'était pas uniquement intéressé par E-Plus.
La fondation, dont le conseil d’administration est composé de 5 membres, rappelle que son rôle est de «représenter les intérêts de KPN, ses entités associées et ses actionnaires», en protégeant le groupe «d’influences susceptibles de menacer sa continuité, son indépendance ou son identité». Afin de bloquer une prise de contrôle hostile, elle peut acquérir des actions préférentielles de classe B pourvues de droits de vote. America Movil, qui cherche à faire passer sa participation dans KPN de 30% à plus de 50%, devrait alors gagner le soutien de tous les autres actionnaires de l’opérateur néerlandais pour en prendre le contrôle, étant donné que le nombre de titres préférentiels émis ne peuvent excéder celui de l’ensemble des actions ordinaires, moins une action.
L’inquiétude de la fondation est également liée au fait que l’annonce du projet d’OPA «n’a pas été faite en concertation avec KPN». N’ayant pas décidé à ce stade d’exercer son option d’achat, elle souhaite peut-être mettre la pression sur Carlos Slim pour qu’il relève son offre, qui valorise l’opérateur néerlandais 7,2 milliards d’euros. «Si KPN appelle à l’aide la fondation, cela a de fortes chances de se terminer devant les tribunaux», commente Jos Versteeg, analyste chez Theodoor Gilissen.
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