La Fnac risque de pâtir d’un flux vendeur pour son retour en Bourse
Demain, la Fnac fera son retour en Bourse. Les actionnaires de Kering (ex-PPR) ont voté hier à 99,65% la scission - sous forme de distribution en nature - de l’enseigne de produits culturels. Ils recevront une action Fnac pour huit actions Kering, et un dividende complémentaire de 2,25 euros par action Kering.
Mais que vaudront ces titres? Les analystes valorisent la Fnac de 300 à 500 millions d’euros, soit de 18 à 30 euros par action, une fourchette large! Pour sa part, CM-CIC évalue la société à 500 millions sur la base d’un multiple valeur d’entreprise sur Ebitda 2013 de 3,6 fois (multiple sectoriel minoré d’une décote de 15%) et après prise en compte de la trésorerie moyenne 2013-2014. Jeudi, le titre devrait être particulièrement travaillé, avec notamment un fort flux vendeur lié à la sortie des fonds indiciels ou sectoriels. A contrario, des fonds de long terme misant sur le retournement de la société pourraient entrer.
Selon son plan d’affaires dévoilé à l’occasion de cette entrée en Bourse, la Fnac vise une stabilité de son chiffre d’affaires à horizon 2016, grâce notamment à ses gains de parts de marché, pour une marge opérationnelle de 3% (contre 1,6% en 2012). La Fnac mise en particulier sur la force de sa marque, sur son redéploiement territorial (avec un développement en franchise de magasins plus petits dans les villes intermédiaires), et sur l’élargissement de son offre produits (univers des enfants et de la maison connectée) avec la volonté de se différencier par des produits innovants.
La présence d’Artemis – holding de contrôle de Kering et propriétaire de L’Agefi – au capital, à hauteur de 38,9% devrait rassurer les investisseurs, d’autant qu’Artemis a pris un engagement de conservation pour trois ans, et gardera «une partie au-delà», a précisé hier François-Henri Pinault, lors de l’AG de PPR. «Si nous avions vendu la Fnac à un fonds, elle aurait subi des pressions qui n’auraient pas été compatibles avec la nécessaire sérénité dont elle a besoin pour se développer» a ajouté le PDG de Kering, tout en invitant les actionnaires, qui se plaignaient du statut fiscal de l’opération, à conserver leurs titres pour profiter du retournement attendu de la Fnac.
A l’occasion de cette assemblée, le PDG de Kering a confirmé que La Redoute sera cédée avant la fin de l’année. Il discute actuellement avec des fonds d’investissement et avec des industriels.
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