La flambée du prix des céréales met sous tension l’industrie de l’agroalimentaire

En cas de hausse des prix de vente, le consommateur se tourne souvent vers des produits à plus faible marge et réduit ses achats
Olivier Pinaud
Illustration: Fotolia
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La flambée des prix du maïs et des céréales substituables, en raison des conditions climatiques défavorables aux Etats-Unis et en Russie, risque d’avoir des répercussions importantes sur les secteurs de l’agroalimentaire et de la distribution dans les prochains mois. «La première perdante est la filière de la viande» car «le principal impact sera sur le coût de l’alimentation animale», préviennent les économistes d’Aurel BGC. Ils rappellent que les céréales représentent 65% des coûts de production de l’industrie de la viande.

Selon l’agence de notation Fitch, la pression sera moins forte pour les industriels de l’agroalimentaire. Les matières représentent 30% de leurs coûts et ils peuvent jouer sur d’autres postes (marketing, publicité…) pour maîtriser leurs marges. Toutefois, les plus petits du secteur, comme le britannique Premier Foods, devraient plus souffrir que les géants comme Nestlé ou Danone.

Début août, Premier Foods, qui réalise un tiers de son chiffre d’affaires dans la boulangerie et les produits associés, avait ainsi reconnu lutter contre la flambée des cours des céréales et envisager des hausses de prix. Lors de la précédente crise alimentaire de 2007-2008, les américains Kellogg et General Mills avaient été affectés par la hausse des prix du blé. En 2008, Kellogg avait par exemple affronté une hausse de 10% de ses coûts, à l’origine d’un repli de 2 points de base de sa marge brute d’exploitation à 42%.

Même si le ralentissement de la croissance économique mondiale limitera les tensions sur la demande, les économistes de RBC prévoient au final 2,5% à 3,5% de hausse des prix de l’alimentation en 2012 et encore 4% à 5% en 2013. Une inflation qui se répercutera sur le secteur de la distribution. «Face à une hausse des prix des biens, les ménages dans les pays développés changent leur panier de consommation, se portant sur un mix-produit offrant moins de marge pour le secteur de la distribution et les industriels de l’agro-alimentaire», indique Aurel BGC, sans compter une possible «baisse des ventes en volume».

Selon ces économistes, «la seule solution pour l’industrie est d’innover et de sortir des nouveaux produits sur lequel le consommateur a peu de référentiel en termes de prix et ainsi relever ses prix de vente».

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