La flambée du prix des céréales met sous tension l’industrie de l’agroalimentaire
La flambée des prix du maïs et des céréales substituables, en raison des conditions climatiques défavorables aux Etats-Unis et en Russie, risque d’avoir des répercussions importantes sur les secteurs de l’agroalimentaire et de la distribution dans les prochains mois. «La première perdante est la filière de la viande» car «le principal impact sera sur le coût de l’alimentation animale», préviennent les économistes d’Aurel BGC. Ils rappellent que les céréales représentent 65% des coûts de production de l’industrie de la viande.
Selon l’agence de notation Fitch, la pression sera moins forte pour les industriels de l’agroalimentaire. Les matières représentent 30% de leurs coûts et ils peuvent jouer sur d’autres postes (marketing, publicité…) pour maîtriser leurs marges. Toutefois, les plus petits du secteur, comme le britannique Premier Foods, devraient plus souffrir que les géants comme Nestlé ou Danone.
Début août, Premier Foods, qui réalise un tiers de son chiffre d’affaires dans la boulangerie et les produits associés, avait ainsi reconnu lutter contre la flambée des cours des céréales et envisager des hausses de prix. Lors de la précédente crise alimentaire de 2007-2008, les américains Kellogg et General Mills avaient été affectés par la hausse des prix du blé. En 2008, Kellogg avait par exemple affronté une hausse de 10% de ses coûts, à l’origine d’un repli de 2 points de base de sa marge brute d’exploitation à 42%.
Même si le ralentissement de la croissance économique mondiale limitera les tensions sur la demande, les économistes de RBC prévoient au final 2,5% à 3,5% de hausse des prix de l’alimentation en 2012 et encore 4% à 5% en 2013. Une inflation qui se répercutera sur le secteur de la distribution. «Face à une hausse des prix des biens, les ménages dans les pays développés changent leur panier de consommation, se portant sur un mix-produit offrant moins de marge pour le secteur de la distribution et les industriels de l’agro-alimentaire», indique Aurel BGC, sans compter une possible «baisse des ventes en volume».
Selon ces économistes, «la seule solution pour l’industrie est d’innover et de sortir des nouveaux produits sur lequel le consommateur a peu de référentiel en termes de prix et ainsi relever ses prix de vente».
Plus d'articles du même thème
-
Fitch abaisse la perspective de la France
Dans une décision surprise intervenue vendredi soir en dehors du calendrier habituel, l'agence de notation indique ne pas croire à une réduction du déficit en 2027. -
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge. -
Monaco sort de la liste grise du Gafi
La décision récompense un ensemble de mesures prises par la principauté depuis 2024, date de son inscription sur la liste des pays placés sous surveillance renforcée.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Guerre en Ukraine : Kiev s’inquiète de la date de livraison des 500 missiles Patriot américains
Si l’administration Trump a donné son go à la vente de 500 missiles intercepteurs Patriot à Kiev, la date de livraison interroge. « Il a été précisé que les livraisons ne pourront commencer que dans quelques années », a indiqué, vendredi 30 octobre au soir, Volodymyr Zelensky -
Mise au point« La trêve hivernale n’oblige pas le bailleur à attendre le 1er avril pour agir »
La trêve hivernale, qui débute ce dimanche 1er novembre, est l'occasion de faire le point sur certaines idées reçues avec Emmanuelle Taupin-Mayor, commissaire de justice à Istres (PACA) et membre du bureau de la Chambre nationale. -
« C’est un changement de paradigme » : l’IA, nouvelle arme des entreprises face aux attaques automatisées
La publication des failles du langage PHP la semaine dernière oblige les entreprises à repenser leur cyberdéfense. Pour se défendre contre les attaques optimisées par l'IA, la solution serait... l'IA