La fin d’année de Richemont jette un froid sur le secteur du luxe

La croissance des ventes a ralenti partout sauf sur le continent américain. Le groupe genevois ne cache pas sa prudence sur l’Asie
Benoît Menou

Les chiffres d’activité à fin décembre dévoilés hier par le géant du luxe Richemont ont semé le trouble sur le secteur du luxe. A l’ouverture à Paris, les titres LVMH et PPR signaient ainsi les deux plus fortes baisses au sein du CAC 40, avant de clôturer en repli de 2,37% (138,10 euros) et 2,02% (152,60 euros). Les deux groupes français publieront leurs résultats annuels respectivement le 31 janvier et le 15 février. A Zurich, Richemont a abandonné hier 5,72% à 74,20 francs.

Il est vrai que le chiffre d’affaires s’est révélé inférieur aux attentes, en hausse de 5% à taux de change constants à 2,86 milliards d’euros. Si la croissance reste non négligeable, elle a perdu en intensité en fin d’année 2012, ramenant la progression des ventes à 9% sur 9 mois (l’exercice fiscal s’achevant fin mars). Le seul rayon de soleil pour Richemont fin 2012 est venu du continent américain (16% des ventes) où le bond de 13% de l’activité en fin d’année a permis de porter la croissance à 8% sur 9 mois.

Tendance inverse en Europe (35% de l’activité sur trois mois), où les ventes, jugées «satisfaisantes» sur le trimestre, sont en hausse de 15 et 9% sur 9 et 3 mois, ou au Japon (10% du total) avec des taux de croissance de 3 et 2%. En Asie-Pacifique, principale zone d’activité (39%), le chiffre d’affaires a même stagné «après plusieurs années de croissance exceptionnelle» sur le dernier trimestre, ramenant la hausse depuis le début de l’exercice à 6%. Le groupe met en avant l’«approche prudente» adoptée par ses partenaires distributeurs à Hong Kong et en Chine continentale. Une tendance contrastant avec la confiance récemment exprimée par le britannique Burberry quant à un rebond de la demande chinoise, le joaillier américain Tiffany désignant le pays comme toujours prometteur. Jon Cox chez Kepler Capital Markets relève par ailleurs que le niveau des ventes de Richemont à fin décembre a certainement pâti de la célébration du nouvel an chinois en février cette année et non en janvier.

Surtout, le groupe genevois, dont l’éventail de marques regroupe notamment Cartier, Van Cleef & Arpels, Piaget ou Montblanc, a concédé naviguer à vue concernant l’évolution des conditions d’activité à court terme, particulièrement en Asie-Pacifique. Il ne compte pas pour autant se départir de sa vision à long terme et «continuera à investir pour le développement de ses maisons».

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